‹ Poésies (volume 2)Chapitre 70 sur 82 · A UNE JEUNE AMIE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE AMIE

Sans vous valoir, il vous a plu :

Un notaire avait dressé l'acte.

L'indigne aujourd'hui se rétracte; Sa maîtresse n'a pas voulu.

Que parlez-vous, mademoiselle, De vieillir seulette à Paris?

Quoi! vous jugez tous les maris Sur un sot qu'un rat ensorcelle.

Attendons, pour nous alarmer, Que le pays des belles choses, Des joyaux, des bonbons, des roses, Cesse, un matin, de les aimer.

DERNIERES ELEGANCES

Vous resterez célibataire Dans la ville des fins bijoux, Quand, méprisés des jolis cous Ses rubis traîneront par terre.

Vous blanchirez sous le dédain, Quand Lutècc, aux lèvres gourmandes, Laissera moisir les amandes Chez le confiseur Siraudin.

Et vous mourrez vierge revèche Dans ce Paris, fou de bouquets, Quand ses amoureux freluquets Molliront d'une rose fraîche.

Aux soupirants plus de répit!

Bijou, bonbon, fleur que vous êtes, Prenez les cœurs, troublez les tètes. — Que l'autre en crève de dépit !

Page 1