‹ Poésies (volume 3)Chapitre 2 sur 124 · IMPÉNITENCE FINALE · texte numérisé non relu

IMPÉNITENCE FINALE

Chansonnier qu'Amour, mon patron, Mit sans égards à la retraite, Taisons-nous : l'âge rend poltron, Pour un rien mon docteur me traite; Ne faisons pas le fanfaron.

Ah ! c'est égal, quel grand dommage Que d'arrêter le joli train Des rendez-vous au gai ramage!

Halte-là! monsieur mon chagrin, Chantez selon votre plumage.

Mais faudrait-il, contrit pécheur, Bannir le nom de mes maîtresses,

Et, devenu mauvais coucheur,

Damner l'alcôve des déesses

Qui ne m'ouvre plus sa blancheur?

Non, je hais un barbon maussade; Je soupçonne à son âpreté Des dérèglements de passade.

L'homme austère aurait-il hanté Les gros numéros de façade ?

Femmes, êtres sacrés et doux,

Je conserve vos alliances;

Que dis-je! en passant près de vous,

Si j'écoutais mes défaillances,

Je tomberais à vos genoux.

Inédit.

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