IF. S FAMILIALES I
Ils ont pris vos atours, bébés de ma famille ;
Ils m 'arrivent cachés sous vos cottes de fille,
Non pas au vol le soir, mais à pied le matin,
Et s'abattent sur moi, leur facile butin.
« Dieu me préserve, Amours, de souffler un reproche !
C'est égal, je comprends, vous fouillez dans ma poche ;
Qu'y cherchez-vous? Parbleu ! du sucre, mesjoufflu>.
Pillez grand-père; au moins vous n'échapperez plus. »
Désormais je les tiens, là, devant mes besicles,
Sans flèches ni toi tis — inutiles articles, —
Sans flambeaux, — je crois bien, des flambeaux, à quoi bon,
Le matin, pour trouver dans ma veste un bonbon ? —
Et sans ailes; tant mieux, ces choses-là trahissent ;
En retour, des chaussons dont les pas me ravissent,
Ces pas de Cupidons à peine accoutumés
Au parquet trop glissant sous leurs jeux déplumés.
Ils ne sont plus que trois, Dieu merci pour ma chambre !
Autrement, quel enfer de janvier en décembre !
N'ont-ils pas écorché mes cannes — leurs dadas, —
Barbouillé mes auteurs de prétendus soldats,
Attelé par le cou ma chatte à leur voiture,
Panaché mon tapis d'encre et de confiture !
O mes joncs, mes auteurs, Minette, mon tapis!
« Enfants, vous m'ennuyez ! — Toi, grand-papa, tant pis! »
l66 MÉLANGES
Et si je veux crier : « Pierre! Adrien! Cécile! » Ils grimpent sur le dos de l'aïeul indocile. — Oui, je le disais bien, jusqu'en mes derniers jours, Bon gré, mal gré, j'amuse une bande d'Amours.