‹ Poésies (volume 3)Chapitre 74 sur 124 · IF. S FAMILIALES I · texte numérisé non relu

IF. S FAMILIALES I

Ils ont pris vos atours, bébés de ma famille ;

Ils m 'arrivent cachés sous vos cottes de fille,

Non pas au vol le soir, mais à pied le matin,

Et s'abattent sur moi, leur facile butin.

« Dieu me préserve, Amours, de souffler un reproche !

C'est égal, je comprends, vous fouillez dans ma poche ;

Qu'y cherchez-vous? Parbleu ! du sucre, mesjoufflu>.

Pillez grand-père; au moins vous n'échapperez plus. »

Désormais je les tiens, là, devant mes besicles,

Sans flèches ni toi tis — inutiles articles, —

Sans flambeaux, — je crois bien, des flambeaux, à quoi bon,

Le matin, pour trouver dans ma veste un bonbon ? —

Et sans ailes; tant mieux, ces choses-là trahissent ;

En retour, des chaussons dont les pas me ravissent,

Ces pas de Cupidons à peine accoutumés

Au parquet trop glissant sous leurs jeux déplumés.

Ils ne sont plus que trois, Dieu merci pour ma chambre !

Autrement, quel enfer de janvier en décembre !

N'ont-ils pas écorché mes cannes — leurs dadas, —

Barbouillé mes auteurs de prétendus soldats,

Attelé par le cou ma chatte à leur voiture,

Panaché mon tapis d'encre et de confiture !

O mes joncs, mes auteurs, Minette, mon tapis!

« Enfants, vous m'ennuyez ! — Toi, grand-papa, tant pis! »

l66 MÉLANGES

Et si je veux crier : « Pierre! Adrien! Cécile! » Ils grimpent sur le dos de l'aïeul indocile. — Oui, je le disais bien, jusqu'en mes derniers jours, Bon gré, mal gré, j'amuse une bande d'Amours.

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