‹ PoésiesChapitre 16 sur 101 · DES POÈMES DU COMTE DE V · texte numérisé non relu

DES POÈMES DU COMTE DE V

Dès qu'on ouvre ce livre on dirait qu'il en sort

Un souffle parfumé, très fin sans être fort.

Où l'esprit distilla ce charme sous les rimes

Ne cherchons pas les mers, les bois,lesmontssublimes;

Le lyrique parfum est l'odeur d'un salon

Voué par l'élégance aux grâces d'Apollon.

Entiez en homme appris : la muse — une comtesse —

Impose à vos égards sa haute politesse;

On se sent chez quelqu'un portant sur parchemin

Un nom titré qu'admet le faubourg Saint-Germain.

Alors, loin de railler si l'illustre poëte,

Coquet pour retenir, surveille sa toilette,

Lisez, comme il compose, avec correction ;

Et, séduit, profitez de sa distinction.

3o ONYX

Surtout, appréciez durant votre visite

Les procédés courtois de ces œuvres d'élite,

Le soin de varier, la réserve qui plaît,

La mesure, le tact... Quel art presque complet !

Ces chants vous offriront la juste équivalence

D'un salon où les mœurs atteignent l'excellence.

Aussi, dans les hivers hypocondres et gris Hostiles aux songeurs du nébuleux Paris, Quand le cœur fatigué se permet le blasphème De déclarer les gens ennuyeux — hors soi-même; — Que l'on défend sa porte aux causeurs importuns Pour les trouver en bloc, sans les voir, trop communs ; Que, seul près de son feu, bienséant par nature, On voudrait dans sa chambre avoir, sous la tenture, Un corridor allant vers un boudoir rempli D'un monde démodé resté digne et poli ; On aime, ces jours-là, fréquenter un volume Dont la muse comtesse est fière et se parfume.

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