‹ PoésiesChapitre 31 sur 101 · LA POÉSIE EN AVRIL · texte numérisé non relu

LA POÉSIE EN AVRIL

Adieu, livres! Adieu, poè tes cent fois lus:

Amis de mon foyer, les Muses n'y sont plus !

Et toi qu'Anacréon attirait sur sa coupe,

Viens, ma colombe : aux champs! suivons l'auguste troupe.

Certe il faut égayer nos frileuses maisons

L'hiver, et nos longs soirs appellent les chansons;

Mais quand le tiède avril sème dans les prairies

La violette, sœur des fraîches rêveries.

Vaut-il pas mieux courir respirer sous le ciel

Les fleurs dont un bel art nous distillait le miel?

Viens donc, gagnons les prés; tu trouveras plus douce

La jeune poésie éclose dans la mousse :

y o uinïa

Les bouquets te diront, — tiaduits par leur odeur, — L'amour, comme les vers, avec plus de candeur; Plus tendrement cjue l'art, la rustique élégie Racontera nos cœurs dans cette anthologie. Viens, et si le soleil, ce rival indiscret, S'attachant à tes pas, guette notre secret, J'ouvrirai ton ombrelle, élégante barrière; Et, dessous, les baisers se donneront carrière.

Page 1