‹ PoésiesChapitre 61 sur 101 · UNE FLAMME · texte numérisé non relu

UNE FLAMME

Chasseurs pris par la nuit, chasseurs lourds de gibier, Nous rentrons au pays par un même sentier. — Mais là-bas quelle flamme brille?

L'un de nous, fermier, dit : « Au sommet du coteau C'est Robin, mon berger, qui garde son troupeau En faisant bon feu, le vieux drille. »

Un marguillier répond : « Voisin, sans vous fâcher, C'est la lune qui frappe, au faîte du clocher, Le coq établi sur l'aiguille.

— Erreur, mes braves gens, objecte un magister ; Regardez-le bouger, c'est l'astre Jupiter : La nuit sera belle, il scintille. »

Notre maire intervient : « Pardon, messieurs, pardon ! Ce doit être un complot, j'aperçois le brandon; Rentrons vite, qu'on les fusille. »

Mais tout bas à mon cœur j'ai dit : « C'est un flambeau, C'est la cire qui brûle au balcon du château, Dans les mains de la jeune fille. »

Le nocturne fanal, allumé par l'amour, Avertit le chasseur qu'on attend son retour, Minuit sonnant, sous la charmille.

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