‹ Poésies (volume 2)Chapitre 10 sur 31 · LA TOILETTE DE PSYCHE · texte numérisé non relu

LA TOILETTE DE PSYCHE

TABLEAU DE PAELINCKX.

Ue l'épouse du Dieu d'amour Voici le boudoir solitaire J'éprouve un charme involontaire , Mortel profane, admis dans un divin séjour.

0 Nymphes ! je vous en conjure , Nymphes , ne vous empressez pas ; Laissez flotter encor sa blonde chevelure ! Que manque-t-il à sa parure , Si rien ne manque à ses appas ?

Elle s'offrit moins ravissante Au Dieu que d'un sourire elle sut enflammer ,

Le jour où sa beauté naissante Vint enivrer d'amour celui qui fait aimer.

Celle dont l'image chérie M'apparaissait naguère au printems de la vie, Belle de ses attraits et de mes souvenirs ,

Jamais à mon âme attendrie

Ne coûta de plus doux soupirs ,

Ni de plus seduisans désirs,

N'alimenta ma rêverie.

Quel calme repose en ses traits!

Que son regard a de puissance !

Et quel doux voile d'innocence Embellit ses jeunes attraits !

Prestige des beaux-arts , dont le charme invincible

Séduit le mortel enchanté!

De lui-même surpris , mon cœur a palpité

Devant une toile insensible.

Poète au magique pinceau , Qui de loin seulement pourrait suivre tes traces ,

Quand tu nous reproduis les grâces , Dont la faveur précoce entoura ton berceau ?...

Mais l'heure fuit ; adieu les scènes gracieuses , Et les rêves heureux , doucement imposteurs !

Grâces , adieu , charmantes sœurs ;

Adieu , nymphes voluptueuses, Et toi , qui sus soumettre au pouvoir de l'hymen

L'enfant dont l'aile est si légère , Épouse de l'amour, rivale de sa mère

Je viendrai vous revoir demain.

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