‹ Poésies (volume 2)Chapitre 9 sur 31 · LE MARIAGE DU PRINCE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DU PRINCE FRÉDÉRIC

Lœs rois que craint le peuple , en des fêtes pompeuses ,

L'enivrent quelquefois d'allégresses trompeuses :

Ils pensent avec l'or engourdir la douleur,

Ou bien , que de leur bouche où le dédain expire ,

Un vague et passager sourire Pourra faire oublier des siècles de malheur.

Puis ils font retentir quelque luth mercenaire

A d'ignobles voix marié ,

Et chanter leurs vertus , fantôme imaginaire ,

Par un barde salarié.

Mais la lyre n'est point vénale ; En vain la majesté royale Lui commande un accord flatteur :

Il lui faut des accens qu'elle aime , Ou la corde bientôt , se brisant d'elle-même Se refuse à l'hymne imposteur.

Oui , trois fois malheur au poète

Qui , transfuge de sa retraite , Court aux pieds des tyrans mendier un appui : Un moment avilie et bientôt ignorée , Sa muse sans essor s'abat déshonorée.

Les cieux n'ont point d'échos pour lui.

Et moi , sur le rivage où la reconnaissance ,

Après le malheur , m'enchaîna , J'adresse vers le trône un chant d'indépendance Et, toujours libre et fier, je chante la puissance. La puissance qui veille et jamais n'opprima.

( 7i ) Je chante ce bonheur qui deviendra le nôtre,

Doux fruit d'une chaste union ; Et ces nobles époux , si chéris l'un de l'autre

Et si chers à la nation.

Bénis soient à jamais Frédéric et Louise! Race auguste de rois , accepte en ce beau jour Les vœux de la Belgique , à ton pouvoir soumise Le peuple , et non le prêtre , à jamais t'eternise En te sacrant de son amour !

TTMILBAWS

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