LA BIEN- AIMEE
Il faut à l'amour peu de chose ; 11 vit d'un mot et d'un soupir.
Dans sa main quand ma main repose Tout mon corps frémit de plaisir.
Vous dont mon ame était charmée , Sy rênes!., adieu pour jamais.
Je préfère à tous vos attraits Un regard de ma bien-aimée.
Errant aux heures du mystère Dans les frais détours du vallon , A l'écho le plus solitaire Je crains de conûcr son nom.
Seulement , quand do la rainée Thœbd blanchit le dôme obscur , J'ose à ce témoin chaste et pur Nommer tout bas ma bicn-aimée.
Jamais l'ombre silencieuse Ne voila mes larcins d'amour ; Jamais la clef mystérieuse Ne m'ouvrit 6on chaste séjour ; Et si , par mes pleurs désarmée Elle cède à mes vœux constans , Celle qui refusa long-tcms Sera toujours ma bien-aimée.
De la gloire trop fugitive Je vois s'éclipser le flambeau ; Ce vain laurier que je cultive Se flétrira sur mon tombeau.
Mais qu'importe la renommée
Je ne me plaindrai pas du sort , Si je puis vivre après la mort Dans le cœur de ma bien-aimec.