L'IMMORTELLE
Uans un verger rejnpli de fleurs , J'apercevais la rose auprès de l'immortelle : L'une étalait sa verdure éternelle ,
L'autre ses brillantes couleurs.
Dans une illusion charmante , Mon cœur les animait et leur donnait des sens ;
Bientôt de sa tige odorante J'entendis la première exhaler ces acccns :
• Hélas ! que mon sort est à plaindre ! Le même jour me voit naître et mourir; Un rayon de soleil suffit pour me flétrir ;
Et du zéphir léger ma vie à tout à craindre.
Mais vous , enfant chéri des dieux , Vous existez long-temps , ô fleur trop fortunée ; Votre éternel printemps charme toujours les yeux. Ah ! que je porte envie à votre destinée ! »
» Revenez , croyez-moi , d'une fatale erreur ,
Lui répondait tristement son amie.
Le bonheur n'est jamais dans une longue vie.
Elle meurt bientôt votre fleur ;
Oui, mais elle est toujours chérie.
L'amour vous cueillant de sa main , Vous donne à la beauté , votre plus noble image ;
Vous expirez près de son sein ,
Et votre rapide destin
De votre bonheur est le gage.
Vos jours , plus longs , seraient plus orageux : Des froids hivers l'horrible violence Et des autans le soufle impétueux
Viendraient flétrir votre existence :
Ah ! votre sort est plus heureux !
Oui, clis-je en m'éloignant , une courte carrière Est le plus beau présent de la Divinité ; La coupe de l'humanité A l'homme est trop souvent amère.
Heureux Tenfant qui meurt à son berceau , ' Et qui de sa course éphémère
N'emporte , en mourant , au tombeau Que les baisers et les pleurs de sa raèreî