‹ PoésiesChapitre 12 sur 33 · L'IMMORTELLE · texte numérisé non relu

L'IMMORTELLE

Uans un verger rejnpli de fleurs , J'apercevais la rose auprès de l'immortelle : L'une étalait sa verdure éternelle ,

L'autre ses brillantes couleurs.

Dans une illusion charmante , Mon cœur les animait et leur donnait des sens ;

Bientôt de sa tige odorante J'entendis la première exhaler ces acccns :

• Hélas ! que mon sort est à plaindre ! Le même jour me voit naître et mourir; Un rayon de soleil suffit pour me flétrir ;

Et du zéphir léger ma vie à tout à craindre.

Mais vous , enfant chéri des dieux , Vous existez long-temps , ô fleur trop fortunée ; Votre éternel printemps charme toujours les yeux. Ah ! que je porte envie à votre destinée ! »

» Revenez , croyez-moi , d'une fatale erreur ,

Lui répondait tristement son amie.

Le bonheur n'est jamais dans une longue vie.

Elle meurt bientôt votre fleur ;

Oui, mais elle est toujours chérie.

L'amour vous cueillant de sa main , Vous donne à la beauté , votre plus noble image ;

Vous expirez près de son sein ,

Et votre rapide destin

De votre bonheur est le gage.

Vos jours , plus longs , seraient plus orageux : Des froids hivers l'horrible violence Et des autans le soufle impétueux

Viendraient flétrir votre existence :

Ah ! votre sort est plus heureux !

Oui, clis-je en m'éloignant , une courte carrière Est le plus beau présent de la Divinité ; La coupe de l'humanité A l'homme est trop souvent amère.

Heureux Tenfant qui meurt à son berceau , ' Et qui de sa course éphémère

N'emporte , en mourant , au tombeau Que les baisers et les pleurs de sa raèreî

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