SUR LE ROMANTISME
Au banquet de la vie où l'admettent les dieux, Il s'assied un instant , convive dédaigneux : L'insurmontable ennui qui l'assitfge à toute hciin Affadit ou corrompt chaque mets qu'il effleure. Je le vois, jeune encor, rassassié de jours, Et d'une mort précoce implorant le secours , Passer en un moment , dans sa triste manie , Du dégoût des plaisirs au dégoût de la vie.
Comme un lis passager que l'art a fait éclore , Faible et précoce enfant désavoué de Flore, Et s'entr'ouvre et se fane , avant l'âge arrêté , Devance le printemps et n'atteint pas l'été.
Vcux-tu,toi que captive un amour fantastique. Savourer la douceur d'un baiser romantique? Médite bien Nodier , et dans l'ombre du soir , Quand sur son banc de mousse Emma viendra s'asseoir, Détache une églantine humide de rose'e : Sur ses lèvres long-temps qu'elle reste posée ; Et toi la retirant , malgré son feint courroux , Imprime sur la fleur un baiser chaste et doux. Voilà du sentiment quelle est la quintessence ; Et comme il faut unir Vamour et la décence !