‹ PoésiesChapitre 110 sur 142 · SUR UNE MORTE · texte numérisé non relu

SUR UNE MORTE

Elle était belle, si la Nuit Qui dort dans la sombre chapelle Où Michel-Ange a fiiit son lit.

Immobile peut être belle.

Elle était bonne, s41 suffit Qu'en passant la main s'ouvre et donne, Sans que Dieu n'ait rien vu, rien dit : Si l'or sans pitié fait l'aumône.

Elle pensait, si le vain bruit D'une voix douce et cadencée, Comme le ruisseau qui gémit, Peut faire croire à la pensée.

Elle priait, si deux beaux yeux, Tantôt s^attachant à la terre.

Tantôt se levant vers les cieux, Peuvent s'appeler la prière.

Elle aurait souri, si la fleur Qui ne s'est point épanouie.

Pouvait s'ouvrir à la fraicVieur Du vent qui passe et qui Vov\\)\\e«

Elle aurait pleuré, si sa main, Sur son cœur froidement posée.

Eût jamais dans l'argile humain Sosti la céleste rosée.

Elle aurait aimé, si l'orgueil, Pareil à la lampe inutile Qu'on allume près d'un cercueil, N'edt veillé sur son cœur stérile.

Elle est morte et n'a point vécu.

* Elle fiûsait semblant de vivre.

De ses mains est tombé le livre Dans lequel elle n'a rien lu.

Octobre ims*

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