‹ PoésiesChapitre 22 sur 142 · L'ANDALOUSE · texte numérisé non relu

L'ANDALOUSE

AvezF-vous vu, dans Barcelone, Une Andalouse au sein bruni .' Pâle comme un beau soir d'automne !

C'est ma maîtresse, ma lionne !

La marquesa d'Amaëgui.

J'ai fait bien des chansons pour elle ; Je me suis battu bien souvent.

Bien souvent j'ai fiiit sentinelle, Pour voir le coin de sa prunelle, Quand son rideau tremblait au veut.

Elle est à moi, moi seul au monde ; Ses grands sourcils noirs sont à moi, Son corps souple et sa jambe ronde, Sa cheTclure cpii l'inonde.

Plus longue cpi'un manteau de roi !

C'est à moi son beau col qui penche Quand elle dort dans son boudoir, Et sa basquina sur sa hanche, Son bras dans sa mitaine blanche, Son pied dans son brodequin noir !

Vrai Dieu 1 lorsque son œil pétille Sous la frange de ses réseaux, Rien que pour toucher sa mantille, De par tous les saints de Castille, On se ferait rompre les os.

Qu'elle est superbe en son désordre, Quand elle tombe, les seins nus.

Qu'on la voit, béante, se tordre Dans un baiser de rage, et mordre En criant des mots inconnus !

Et qu'elle est folle dans sa joie.

Lorsqu'elle chante le matin, Lorsqu'en tirant son bas de soie.

Elle fait, sur son flanc qui ploie, Craquer son corset de satiu !

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