IX
N'était-ce pas hier, ûlle joyeuse et folle.
Que ta verve railleuse animait Corilla,
Et que tu nous lançais avec la Rosina
La roulade amoureuse et l'œillade espagnole ?
Ces pleurs sur tes bras nus, quand tu chantais le Saule,
N'était-ce pas hier, pâle Desdemona?
N'était-ce pas hier qu'à la fleur de ton âge Tu traversais l'Europe, une lyre à la main ; Dans la mer, en riant, te jetant à la nage. Chantant la tarentelle au ciel napolitain. Cœur d'ange et de lion, libre oiseau de passage. Espiègle enfant ce soir, sainte artiste demain?
N'était-ce pas hier qu'enivrée et bénie Tu traînais à ton char un peuple transporté. Et que Londre et Madrid, la France et l'Italie, Apportaient à tes pieds cet or tant convoité. Cet or deux fois sacré qui payait ton génie ^ Et qu'à tes pieds souvent laissa la OaasrvNfc'î
Qa*a8-tu ikit pour mourir, ô noble créAture, Belle image de Dieu, qui donnaÎB en diemin Au riche un peu de joie, au malheureux du |iain ? Ahl qui donc frappe ainsi dans k mare nature, Et quel fiiucheur aveugle, affiuné de pâture, Sur les meilleurs de nous ose porter la main P