A UNE FLEUR
Que me veux-tu, chère fleurette, AiniÉble et eharmuit souYeoir?
Demi-iiioite et demi-eoquette, Jusqu'à moi qui te ûdt venir?
Sous ce cachet oiveloppée.
Tu viens de £ûre un long chemin.
Qu*as-tu vu? que t'a dit la main Qui sur le buisson t*a coupée?
N'es-tu qu'une herbe desséchée Qui vient achever de mourir?
Ou ton sein, prêt à refleurir, Renferme-t-il une pensée?
Ta fleur, hélas! a la blancheur De la désolante innocence; Mais de la craintive espérance Ta feuille porte la couleur.
As- tu pour moi quelque message?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un sccrel?
Ton parfum ost-il un lawçaftv»?
A UNE FLEUR. ISl
S'il en est ainsi, parle bas, Mystérieuse messagère ; S'il n'en est rien, ne réponds pas; Dors sur mon cœur ^che et légère.
Je connais trop bien cette ] Pleine de grâce et de caprice.
Qui d'un brin de fil souple et fin A noué ton pâle calice. '■ ' .
Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N'en auraient pu trouver la sœur
Qu'en prenant Vénus pour modèle.
Elle est blanche, elle est douce et belle, Franche, dit-on, et plus encor; A qui saurait s'emparer d'elle Elle peut ouvrir un trésor.
Mais elle est sage, elle est sévère; Quelque mal pourrait m'arriver Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver.
LE FILS DU TITIEN sonnet'
Lorsque j'ai lu Pétrarque, étant encore eti&nt, J'ai souhaité d'avoir quelque gloire en partage. Il aimait en poëte et chantait en amant; De la langue des dieux lui seul sut hâte usage.
Lui seul eut le secret da saisir an passage Les battements du cœur qui durent un moment, Et, riche d'un sourire, il en grairaût Uimage Du bout d'un stylet d'or sur un pur diamant.
0 vous qui m^adressez une parole amie, Qui récriviez hier et l'oublierez demain. Souvenez-vous de moi qui vous en remercie.
J'ai le cœur de Pétrarque et n'ai point son génie ;
Je ne puis ici-bas que donner en chemin
Ma main à qui m'appelle, à qui m'aime ma vie.
s mai 1838.
^ Voir, pour ce sonnet et le suivant, dans le recueil des Nouv£LLEs de l'auteur, celte Intitulée le Fils du Titien.
SONNET
K Donato fut le doux nom de celle a forme terrestre eut ce divin contour, a blanche poitrine était un cœur fidèle, is son corps sans tache un esprit sans détour.
du Titien, pour la rendre immortelle, portrait, témoin d^un mutuel amour ; cessa de peindre à compter de ce jour, liant de sa main illustrer d'autre qu'elle.
t^ qui que tu sois, si ton cœur sait aimer, le ma maîtresse avant de me blâmer, si, par hasard, la tienne est aussi belle.
onc combien c'est peu que la gloire ici-bas, e, tout beau qu'il est, ce portrait ne vaut pas •moi sur ma ])arole) un baiser du modèle.