‹ Poésies choisies a l'usage des classes. Publiées avec une notice biographique et des notesChapitre 17 sur 70 · Mnémosvne était la mère des îluse · texte numérisé non relu

Mnémosvne était la mère des îluse

Sous la colonne où pend une lyre d'ivoire,

Te feront de tes maux oublier la mémoire.

Et si, dans le chemin, rapsode ingénieux,

Tu veux nous accorder tes chants dignes des cieux,

Nous dirons qu'Apollon, pour charmer les oreilles,

T'a lui-môme dicté de si douces merveilles*.

— Oui, je le veux; marchons. Mais où m'entraînez-vous? Enfants du vieil aveugle, en quel lieu sommes-nous?

— Syros est l'île heureuse où nous vivons, mon père.

— Salut, belle Syros, deux fois hospitalière! Car sur ses bords heureux je suis déjà venu ; Amis, je la connais. Vos pères m'ont connu :

Ils croissaient comme vous ; mes yeux s'ouvraient encore

Au soleil, au printemps, aux roses de l'aurore;

J'étais jeune et vaillant. Aux danses des guerriers,

A la course, aux combats, j'ai paru des premiers.

J'ai vu Corinthe, Argos et Crète et les cent villes.

Et du fleuve Égyptus - les rivages fertiles ;

Mais la terre et la mer, et l'âge, et les malheurs,

Ont épuisé ce corps fatigué de douleurs.

La voix me reste. Ainsi la cigale innocente,

Sur un arbuste assise, et se console ^ et chante.

Commençons par les dieux: « Souverain Jupiter,

« Soleil qui vois, entends, connais tout, et toi, mer,

M Fleuves, terre, et noirs dieux des vengeances trop lentes,

« Salut ! Venez à moi, de lOlympe habitantes,

« Muses! vous savez tout, vous, déesses ; et nous,

« Mortels, ne savons rien qui ne vienne de vous. »

11 poursuit; et déjà les antiques ombrages

1. Un poète de l'Anthologie grecque a mis ce vers dans la bouche d'Apollon « Je chantais et le divin Homère écrivait. »

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