‹ Poésies choisies a l'usage des classes. Publiées avec une notice biographique et des notesChapitre 31 sur 70 · Boileau, dans sa sixième épître · texte numérisé non relu

Boileau, dans sa sixième épître

J'ai b»5iiin du jileiice et île l'ombre d^s hoi? : Ma imiJi', qui se plaît diiis leurs route- pordoe» Ne saurait plus marcher eur le puTc (Ui rues

38 ANDRE CHEMER.

Effarouchent les vers qui se taisent soudain. Venez. Que vos bontés ne me soient point avares Mais, oh! faisant de vous mes pénates, mes lares, Quand pourrais-je habiter un champ qui soit à moti Et, villageois tranquille, ayant pour tout emploi Dormir et ne rien faire, inutile poète. Goûter le doux oubli d'une vie inquiète ^ ? Vous savez si toujours, dès mes plus jeunes ans, Mes rustiques souhaits m'ont porté vers les champs : Simon cœur dévorait vos champêtres histoires, Cet âge d'or si cher à vos doctes mémoires, Ces fleuves, ces vergers, Eden aimé des cieux Et du premier humain berceau délicieux ; L'épouse de Booz, chaste et belle indigente, Qui suit d'un pas tremblant la moisson opulente ; Josephj qui dans Sichem cherche et retrouve, hélas ! Ses dix frères pasteurs qui ne l'attendaient pas ; Rachel, objet sans prix qu'un amoureux courage ÎS'a pas trop acheté de quinze ans d'esclavage. Oh ! oui, je veux un jour en des bords retirés, Sur un riche coteau peint de bois et de prés, Avoir un humble toit, une source d'eau vive ^ Qui parle, et dans sa fuite et féconde et plaintive Nourrisse mon verger, abreuve mes troupeaux. Là, je veux, ignorant le monde et ses travaux ^, Loin du superbe ennui que l'éclat environne, Vivre comme jadis, aux champs de Babylone, Ont vécu, nous dit-on, ces pères des humains Dont le nom aux autels remplit nos fastes saints ;

1. Ce vœu champêtre est celui de tous les poètes. Horace l'a exprimé dans une belle satire : « Maison des champs, quand te contempicrai-jc! quand pourrai-je, dans la lecture des livres des anciens, dans le sommeU ou dans des heures oisives, goûter le doux oubli d'une \ie inquiète! »

1. Encore un souvenir d'Horace : « Tels étaient mes vœux : un champ duno médiocre étendue, un jardin et près de mon toit une source d'eau vive couronnée li'nn bouquet de bois. >

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