Le Serment des Horaces
Marathon, tes Persans et leur sanglant tombeau Vivaient par ce bel art^. Un sublime tableau
Naît aussi pour notre patrie.
Elle expirait : son sang était tari ; ses flancs
Xe portaient plus son poids. Depuis mille ans A soi-même inconnue 2, à son heure suprême.
Ses guides tremblants, incertains ^ , ^
Fuyaient ^. 11 fallut donc, dans le péril extrême, De son salut la charger elle-même. A-. .(
Longtemps, en trois races d'humains, Chez nous l'homme a maudit ou vanté sa naissance :
Les ministres de l'encensoir*,
Et les grands, et le peuple immense.
Tous à leurs envoyés confieront leur pouvoir. Versailles les attend. On s'empresse d'élire ; On nomme. Trois palais s'ouvrent pour recevoir
Les représentants de l'empirer
D'abord pontifes, grands, de cent titres ornés,
Fiers d'un règne antique et farouche, De siècles ignorants à leurs pieds prosternés. De richesses, d'aïeux vertueux ou prônés.
Douce égalité, sur leur bouche,
1. Panœnu?. frère ilo Phidias, avait peint la bataille de Marathon sur le mur d'un des portiques d'Athènes, appelé le Tœcile.
2. Depuis mille ans les assemblées où les Francs réglaient eux-mêmes leurs affaires (champ de mars ou champ de mai) avaient cessé de se réunir. Les états "•énéraux que les rois convoquaient irrégulièrement n'avaient puère d'autre mission que celle de consentir à des impôts pour remplir les caisses du fisc,
3. Périphrase dans le goût du xvin« siècle, mais tout à fait contraire au goût moderne. Le poète nomme les trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état.
4. Le poèteXlé-iignMes miuKtres Calonrie et Brienne qui se succédèrent ~«>tjdonnèrent leur dém1«?ion, ie~~promier-^ 1787, ÎKsecond en 1788, sans avoir rien lait pour parer aux diflicultés de la situation.
.5. Les trois ordres siégeaient séparément. On votait par ordre et non par tète de telle sorte que le tiers-état était assuré d'avance de n'avoir jani.iis qu'une voix sur trois. C'était la mise en minorité perpétuelle de la nation. C'est pournuoi le tiers-état veut obtenir le vote par tète, et invite les assend)lées du clergé et de la noblesse à se joindre à lui pour déliliérer et voter eu cunm.un.
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IIYMNKS ET ODES, 85
A Ion seul nom pétille un rire acre et jaloux.
Ils n'ont point vu sans effroi, sans courroux. Ces élus plébéiens, forts des maux de nos pères,
Forts de tous nos droits éclaircis,- De la dignité d'homme, et des vastes lumières Qui du mensonge ont percé les barrières.
Le sénat du peuple est assis.
11 invite en son sein, où respire la France,
Les deux fiers sénats ; mais leurs cœurs
N'ont que des refus. Il commence :
11 doit tout voir; créer l'État, les lois, les mœurs. Puissant par notre aveu, sa main sage et profonde Veut sonder notre plaie, et de tant de douleurs
Dévoiler la source féconde.
On tremble. On croit, n'osant encor lever le bras.
Les disperser par l'épouvante.
Ils s'assemblaient; leur seuil, méconnaissant leurs pas, Les rejette. Contre eux, prête à des attentats,
Luit la baïonnette insolente.
Dieu! vont-ils fuir? Non, non. Du peuple accompagnés,
Tous, par la ville, ils errent indignés : Comme Latone enceinte, et déjà presque mère,
Victime d'un jaloux pouvoir, Sans asile flottait, courait la terre entière. Pour mettre au jour les dieux de la lumière '.
Au loin fut un ample manoir^, Où le réseau noueux en élastique égide, ^^-^ '' •
Arme d'un bras souple et nerveux, ^.-<-^^#w
Repoussant la balle rapide, Exerçait la jeunesse en de robustes jeux ;