‹ Poésies choisies a l'usage des classes. Publiées avec une notice biographique et des notesChapitre 59 sur 70 · Le jeii de paume · texte numérisé non relu

Le jeii de paume

3. Dans cette pièce, qui renferme des beautés de premier ordre, ces périphrases sont des taches. Ce sont des défauts de l'époque, dont André rhénier ne s'est jamais tout à fait débarrassé.

Peuple, de tes élus cette retraite obscure Fut la Délos ^ 0 murs ! temple à jamais fameux ! Berceau des lois ! sainte masure !

N'allons pas d'or, de jaspe, avilir à grands frais ^-'m'-*^ '

Cette vénérable demeure ; Sa rouille est son éclat. Qu'immuable à jamais Elle règne au milieu des dômes, des palais.

Qu'au lit de mort tout Français pleure, S'il n'a point vu ces murs où renaît son pays. '. •

Que Sion, Delphe, et la Mecque et Saïs- Aient de moins de croyants attiré l'œil fidèle.

Que ce voyage souhaité Récompense nos fils. Que ce toit leur rappelle Ce tiers état à la honte rebelle, lA» \£<>w^^ /^- ^^* t^

Fondateur de la liberté ; Comme en hâte arrivait la troupe courageuse,

A travers d'humides torrents

Que versait la nue orageuse ; Cinq prêtres avec eux; tous amis, tous parents, S'embrassant au hasard dans cette longue enceinte; Tous juraient de périr ou vaincre les tyrans ;

De ranimer la France éteinte ;

De ne se point quitter que nous n'eussions des lois

Qui nous feraient libres et justes.

Tout un peuple, inondant jusqu'aux faîtes des toits,

1. Le poète revient à sa comparaison. C'est à Délos, sous un palmier, que Latone mit au monde les dieux de la lumière, suivant l'expression très heureu-c d'André Chénier ; les principes de 1789 sont bien en effet les dieux de la lumière qu'enfanta l'Assemblée nationale.

2. Chèiiior nomme les lieux de pèlerinage les plus célèbres : Sion, tombeau du Christ ; Delphes, temple et oracle d'Ai)olion ; La Mecijue où se trouvait la Cuaba; et Sais, en Egypte, où était, dit-on. le tonibeau d'Osivis.

De larmes, de silence, ou de confuses voix,

Applaudissait ces vœux augustes.

0 jour ! jour triomphant ! jour saint ! jour immortel !

Jour le plus beau qu'ait fait luire le ciel Depuis qu'au fier Clovis Bellone fut propice ^ I

0 soleil! ton char étonné S'arrôta. Du sommet de ton brûlant solstice Vu-^^z»' Tu contemplais ce divin sacrifice!

0 jour de splendeur couronné !

Tu verras nos neveux, superbes de ta gloire,

Vers toi d'un œil religieux

Remonter au loin dans l'histoire.

Ton lustre impérissable, honneur de leurs aïeux, Du dernier avenir- ira percer les ombres. Moins belle la comète aux longs crins ^ radieux

Enflamme les nuits les plus sombres.

Que faisaient cependant les sénats séparés?

Le front ceint d'un vaste plumage, Ou de mitres, de croix, d'hermines décorés, Que tentaient-ils d'efforts pour demeurer sacrés?

Pour arrêter le noble ouvrage?

Pour n'être point Français ? pour commander aux lois?

Pour ramener ces temps de leurs exploits. Où ces tyrans, valets sous le tyran suprême.

Aux cris du peuple indifférents. Partageaient le trésor, l'État, le diadème ? Mais l'équité dans leurs sanhédrins même

Trouve des amis. Quelques grands.

Et des dignes pasteurs une troupe fidèle,

Par ta céleste main poussés,

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