HYMNE
ALX 8CISSES DE CHATEALVIF, UX ^
Salut, divin triomphe ! entre dans nos murailles ;
Rends-nous ces guerriers illustrés Par le sang de Désille et parles funérailles
De tant de Français massacrés.
Jamais rien de si grand n'embellit ton entrée;
1. On appelait ïambe chez les anciens un pied métrique qui formait la base des vers iambiqucs. On disait communément des ïambes pour des vers iambiques. Archiloque s'étant servi de ce mètre daus ses invectives contre Lycambe, fameuses dans toute l'antiquité, on donna par analogie le nom ô^iambes à toute poésie offrant ce caractère passionné et cette fureur de vengeance personnelle. Le mot appliqué à la poésie française n'a ainsi qu'une valeur conventionnelle. Depuis André Chénier il s'applique à toute poésie offrant ce caractère particulier, et au système métrique qui consiste dans l'emploi alternatif des vers de douze syllnbes et des vers de huit syllabes.
2. En 1790, les suisses du régiment de Chateauvieux s'étaient révoltés contre leurs officiers et avaient pillé la caisse du régiment. C'est en voulant s'opposer à cette révolte et en se jetant au devant des troupes mutinées que le jeune Désilles avait reçu des blessures dont il mourut quelques mois plus tard. Les coupables avaient été condamnés aux galères. En 1792, ils furent amnistiés par un décret de l.Vssemblée nationale. Sur une motion de CoUot d'Herbois au club des jacobins, on leur prépara une entrée triomphale à Paris, f/est le jour même de la fête, le la avril 1792, que l'hymne d'AmJîé Thénier parut dans le Journal de f'aris.
M quand l'ombre de Mirabeau S'achemina jadis vers la voûte sacrée
Où la gloire donne un tombeau ^ ; M quand Voltaire mort et sa cendre bannie
Rentrèrent aux murs de Paris -, Vainqueurs du fanatisme et de la calomnie
Prosternés devant ses écrits.
Un seul jour peut atteindre à tant de renommée,
Et ce beau jour luira bientôt :
C'est quand tu conduiras Jourdan à notre armée,
Et Lafayette à l'échafaud \ Quelle rage à Coblentz '• ! quel deuil pour tous ces princes,
Qui, partout diffamant nos lois, Excitent contre nous et contre nos provinces
Et les esclaves et les rois !
Ils voulaient nous voir tous à la folie en proie.
Que leur front doit être abattu !
Tandis que parmi nous quel orgueil, quelle joie
Pour les amis de la vertu !
Pour vous tous, ô mortels, qui rougissez encore
Et qui savez baisser les yeux !
De voir des échevins que la Râpée honore *
Asseoir sur un char radieux Ces héros que jadis sur les bancs des galères
Assit un arrêt outrageant, Et qui n'ont égorgé que très peu de nos frères
Et volé que très peu d'argent !
Eh bien, que tardez-vous, harmonieux orphées?
i, La translation du corps de Mû'abeau au Panthéon avait eu li-.-u le 5 avril 1791.
2. La translation du corps de Voltaire au ranthéon avait eu lieu le 11 juil Ict 1791.
3. Jourdan, dit Coupe-tête, qui s'était tristement illustré à la télé des brigands d'j J'arniée de Vaucluso dans les troubles du Midi, au mois d'octobre 17'JI Les journaux révolutionnaires de l'époque étaient remplis de parallèles perliilt entre Jourdan et Lalayette.