‹ Poésies choisiesChapitre 20 sur 38 · HYMNE DES SIÈCLES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

HYMNE DES SIÈCLES NOUVEAUX

Notre règne est venu. L'avenir, c'est la vie. De son chemin d'hier notre vaisseau dévie,

O pleuples désolés, Pour guider vers le port vos rames et vos voiles, Il faut un autre phare, il faut d'autres étoiles

A vos cieux dépeuplés.

Ces étoiles, c'est nous ! Ce phare nous le sommes !

Nous venons apporter notre lumière aux hommes.

Nous sortons de la nuit pour leur rendre le jour,

Car toute obscurité doit enfin disparaître.

Le juge dans la loi, dans le temple le prêtre

Ne verront plus régner que le seul Dieu d'amour.

Nos flambeaux inconnus à tous les Zoroastres Montent sur l'horizon comme de nouveaux astres,

Et déjà nous voyons La terre prodiguer ses trésors moins avares Et les fronts ulcérés des Jobs et des Lazares

Se couvrir de rayons.

Le ciel mystérieux va couler dans les fleuves. Car l'homme a traversé le cycle des épreuves. Dans sa dignité sainte il relève le cou. Il a rompu le joug de tous les esclavages,

140 Poésies choisies d'André tan Hasselt

Sans songer à fouetter ses Pharaons sauvages Avec les nœuds vengeurs de son dernier licou.

Dix mille ans il a bu l'eau des sources amères Et cherché son chemin à travers les chimères

Du grand désert de feu.

Mais le voici qui va, terminant son exode, Réaliser ton rêve, Isaïe, ô rapsode

Du poème de Dieu !

Etendard d'Hamalec qui dans Riphim habite,

Javelots de Sinon, lances du Moabite,

Sa main vous a brisés, sa main forte aux combats,

Et Josué, porteur du sceptre de Moïse,

Au delà du Jourdain, dans la terre promise,

Du peuple voyageur a fait rentrer les pas.

Or la paix du Seigneur est faite sur la terre. Uaube de vérité va jaillir, — ô mystère ! —

De la nuit du tombeau.

Tous les antres du mal ferment leurs sombres porches Et voilà que succède à la lueur des torches

La clarté du flambeau !

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