‹ Poésies choisiesChapitre 22 sur 38 · SONNET SATIRIQUE · texte numérisé non relu

SONNET SATIRIQUE

... Mihi sœpe vocandus Ad partes.

Ju%énal. Satires, IV. I.

Regarde cette mare où ce vieux buisson fouille, Quand, le printemps venu, l'oiseau de mai gazouille,

Ko Poésies choisies

On dirait, à la voir, un beau lac de gazon Que les myosotis émaillent à foison.

Mais dans sa vase immonde, où bave la grenouille, Près de l'impur têtard l'impur mollusque grouille; Et mille vers gluants y tiennent garnison Sous le tapis menteur de la verte saison.

De même, charlatan vulgaire, ignoble drôle, Mauvais comédien, mal drapé dans ton rôle, Tout est mensonge en toi, jusqu'à ton air vainqueur

Et symbole vivant de cette mare étrange, Tous les plus vils instincts de l'esprit et du cœur Ont élu domicile en ton âme de fange.

Décembre 1846.

A Victor Hugo.

Reddite ergo, quae sunt Cœsaris Casari.

Evang. soc. Mattb. XXII. 21.

En Espagne autrefois, terre des mœurs antiques, Quand un Roi, visitant ses villes poétiques, D'un vassal, quel qu'il fût, bourgeois et chevalier. Avait touché des pieds le seuil hospitalier,

Pour orner désormais ses larres domestiques, Son hôte, se forgeant des fers allégoriques, Signe d'un nœud que rien ne pouvait délier, Appendait une chaîne à son toit familier.

d'André van H assoit 151

Roi de la Poésie et de l'Art, à cette heure

Où tu franchis le seuil de mon humble demeure,

Ta présence consacre à jamais tout ici.

Mais je ne me suis pas forgé ma chaîne aussi, Car, tu le sais, ô toi que j'admire et que j'aime, Depuis plus de vingt ans, je la porte en moi-même.

Bruxelles, 29. rue Saint-Lazare, 28 janvier 1852.

Le Zéro.

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