‹ Poésies choisiesChapitre 6 sur 38 · LA TACHE DE FEU · texte numérisé non relu

LA TACHE DE FEU

N'est-ce pas? Quand on a regardé le soleil, Il nous reste dans l'œil une tache de flamme, Et bien longtemps le spectre éclatant et vermeil Nous illumine l'àme.

Et de quelque côté qu'on se tourne, partout, Sur l'arbre qui verdit, sur l'onde qui bouillonne, Sur les fleurs, sur le ciel, sur la terre, sur tout, L'orbe de feu rayonne.

Ainsi toi, mon enfant, astre éteint dans mes cieux, Et dont le soir, hélas ! toucha presque à l'aurore, Ton image sans cesse erre devant mes yeux Toute vivante encore.

Et, soit que mon regard plonge au fond de la nuit, Soit qu'il plonge en mon cœur, nuit encor plus obscure, Partout je te revois, toi qu'un ange conduit, Douce et blonde figure !

Octobre 1850.

d' André van Hasselt 93

Page 1