MA
Les gardes de ton trésor^ L'amour, la foi, l'innocence, Ont veillé pour sa défense.
Regarde, mon cher Azor, Tu peux y trouver encor Le sceau de notre alliance.
Vois ton domaine chéri Dans sa brillante parure.
Vois ta source toujours pure.
Ton myrte toujours fleuri.
Vois, que ta moisson «st belle !
Le désir voloit près d'elle.
Sans oser en approcher; Le vent, du bout de son aile, A craint même d'y toucher.
Oui, je reconnois ta flamme; Connois la mienne à ton tour.
Éma, compare à ton âme
Dialogues orientaux, xip
Un cœur plus pur que le jour.
A l'orient de ces rives.
Sur un trône éblouissant, Les filles d'un roi puissant Offroient d*être mes captives.
J'ai dit aux filles d'un roi :
Régnez, jeunes souveraines; Éma me tient sous sa loi.
Je ne puis donner mes chaînes Pour les grandeurs que je vois.
Au séjour de la mollesse L'Amour me tendoit les bras.
Les filles de la jeunesse.
Me prodiguant leurs appas, Vouloient enchaîner mes pas; A leur flatteuse caresse Ton Azor est échappé, Sans que sa lèvre ait trempé Dans la coupe enchanteresse.
ÉMA.
Plus beau que l'astre du jour, Tu charmes la terre entière.
Que le monde ait ta lumière, J'ai tes feux et ton amour.
Ils ont embrasé mon âme; Amant-époux, satisfais.
Et ton désir et ma flamme ; Jouis du bien que tu fais.
I20 Poésies de Gentil^Bernard,
Comme la flèche qui vole, Le doux son de ta parole Dans mon cœur a pénétré.
Vierges de ce lieu sacré, Prêtresses de mon idole, Uautel est-il préparé?
LES COMPAGNES
Uautel n'attend que ToiTrande :
De festons et de guirlandes Le sanctuaire est paré :
Le voile d'or est tiré.
Mystère saint et sublime !
O sacrifice amoureux !
Quel sera le plus heureux Du prêtre ou de la victime ?
AZOR
Chastes filles, laissez-nous :
Livrez l'épouse à l'époux.
Allez, Éma vous l'ordonne.
Pour signaler votre ardeur.
Chantez l'hymne du bonheur Dans l'instant qu'il nous couronne.
Quand le sommeil étendra Nos paupières demi-closes, Quand le bonheur répandra
Dialogues orientaux.
Les pavots après les roses, Défenseur de ce séjour.
Que le silence immobile, Aux portes de cet asile, Veille et respecte l'amour.
g^S^TT^