EM A
Tout mon feu s'est consumé.
Azor, ô mon bien-aimé, J'expire.... Azor, je me pâme....
AZOR
Reçois ce trait enflammé, Dans tes lèvres renfermé; Qu'il passe jusqu'à ton âme.
ÉMA.
Il ranime tous mes sens.
AZOR
Quel délire je ressens !
Dialogues orientaux, 127
ÉMA.
Dieux ! quelle ivresse est la mienne !
G)mme au toucher de Taimant, Mon âme a pris son élan Pour se coller à la tienne.
AZOR
Donne, Éma, je la reçois; Et j'ai deux sources de vie.
Sœur, amante, épouse, amie, Vois quels transports tu me dois.
Mais ta mourante paupière Se ferme à Téclat du jour ; Renais, ma douce lumière, Renais, flambeau de l'amour.
La volupté veille encore; Sans toi le charme est détruit :
Tes yeux ouverts, c'est l'aurore; Tes yeux fermés, c'est la nuit.
ÉMA.
Aux régions du délire
Mes sens ont été ravis.
Azor, quel est ton empire?
Quand c'est par toi que j'expire,
C'est par toi que je revis.
Quelle magique puissance !
Mon âme a repris ses droits. ^
i^ Poésies de GemiU-Bermard.
Je sens, je toodi^ je toîs, Et je jouis, et j'y pense.
AZOR
Écoute e&cor mes soupirs; Une ardeur insatiable Dit qu'il Êiut à mes déârs Le fruit le plus délectable Du jardin de nos plaisirs.
ÉMA.
Jouis^ c^est ton héritage.
Choisis, cueille à pleine main...
Mais quel mouvement soudain
D'entre mes bras te dégage ?
Tu t'élèves, je te voi
Régner au-dessus de moi,
Comnie un palmier qui m'ombrage ;
Je suis l'arbuste naissant
Qu'un vent doux et caressant
Agite sous ce feuillage....
Dieux ! ô dieux, quelle autre image !
£t quel astre éblouissant
£st échappé du nuage 1
AZOR
Adore, Éma, ton ouvrage; A ton souffle obéissant, . Le dieu du bonheur descend Sur l'autel des sacrifices.
Dialogues orientaux. lap
ÉMA.
Il triomphe, il est armé De la flèche des délices ; Mon cœur en est enflammé.
O tout-puissant bien-aimé ! ' Ta majesté se déploie.
Azor, le cri de ma joie Jusqu'à toi s'est élevé.
Le feu du bûcher s'allume, La victime se consume, L'holocauste est achevé.
T^f^^^fT^^^
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