‹ Poésies choisies de Gentil-Bernard;Chapitre 43 sur 78 · ODE VIII LE SOMMEIL IMPOSSIBLE · texte numérisé non relu

ODE VIII LE SOMMEIL IMPOSSIBLE

DANS ses amours aussi changeante Qu'elle est inégale en son cours, Chaque nuit, la lune inconstante Changeoit de phases et d'amours.

Endymionj-quitté par elle, Au puissant Morphée eut recours, Et, pour oublier l'infidèle, Obtint qu'il dormiroit toujours.

Sommeil, règne ainsi sur mon âme; Une ingrate en fait le tourment; Mais juge à l'excès de ma flamme Si tu peux la vaincre aisément.

Dieu du repos, dieu que j'implore.

Par toi mes yeux vont se fermer,

9^6 Poésies de Gentil-Bernard.

L'ingrate... Mais j'y songe encore...

Donnons, je ne veux plus Taimer.

Si pourtant, plaignant ma disgrâce, Laure songeoit encore à moi...

Dieux I... je vois Daphnis qui l'embrasse !.. Sommeil, fais donc ce que tu doi.

Jaimois d'une ardeur si fidèle !

Et son lâche cœur asservi...

A pu... Mais rends-moi donc, cruelle, Le sommeil que tu m'as ravi.

Non, non, rien ne peut me le rendre.

Moi, dormir I... vaine illusion I Malheureux I ai-je dû prétendre Au miracle d'Endymion ?

Je veux que le dieu des mensonges Me verse un breuvage pareil ; Quand je serai sûr du sommeil, Eh I qui me répondra des songes ?

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