ODE XI LYCORIS
JUPITER, prête-moi ta foudre.
S'écria Lycoris un jour ; Donne, que je réduise en poudre Le temple où j'ai connu l'Amour 1
« Alcide, que ne smîs-je armée De ta massue ou de tes traits, Pour venger la terre alarmée, Et punir un dieu que je hais I
« Médée, enseigne-moi l'usage De tes plus noirs enchantements :
Formons pour lui quelque breuvage, Égal au poison des amants.
« Ah ! si, dans ma fureur extrême, Je tenois ce monstre odieux I...
^53 Poésies de Gentil-Bernard.
— Le voici, lui dit TAmour même.
Qui soudain parut à ses yeux.
« Venge-toi, punis, si tu Toses. »
Interdite à ce prompt retour, Elle prit un bouquet de roses Pour corriger le jeune Amour.
On dit même que la bergère, De ses bras n'osant le presser, En frappant d'une main légère, Craignoit encore de le blesser.