‹ Poésies choisies de Gentil-Bernard;Chapitre 48 sur 78 · ODE XIII LE DESTIN DE CORINNE · texte numérisé non relu

ODE XIII LE DESTIN DE CORINNE

CORINNE, prête-moi silence.

Un oracle va te parler :

Il est temps de te révéler Le mystère de ta naissance.

Le jour que, prenant son essor.

Ton âme au néant fut ravie, La Parque, sur un fuseau d'or.

Noua le beau fil de ta vie.

Jamais, dans la marche des cieux.

L'union des astres propices Ne fit aux prophétiques yeux Voir de plus fortunés auspices.

Les dieux te combloient à Tenvi Des trésors du céleste empire;

2;6 Poésies de Gentil-Bernard.

Mais je frémis de te le dire.

Le don d'aimer te fut ravi.

Vois ta fatale destinée :

Tout manque au bonheur de tes jours.

Tu naquis, belle infortunée,

Pour plaire et pour languir toujours.

Ah 1 d'un si cruel maléfice, Écarte, si tu peux, les coups.

Hâte-toi ; qu'un prompt sacrifice Apaise l'Amour en courroux.

Corinne, implore sa puissance ; Ton âge peut le désarmer.

Va, cours expier ta naissance.

Aux pieds du dieu qui fait aimer.

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