‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 109 sur 361 · A UNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE FILLE

Ma petite nymphe Macée, Plus blanche qu'yvoire taillé.

Que la neige à monts amassée, Que sur le jonc le laict caillé, Ton beau teint ressemble ^ les liz Avecque les roses cueillis.

Ton chef de soie et d'or descœuvre ', Où le ciel, des beautés donneur, Employa sa peine et son œuvre.

Curieux de luy faire honneur.

Descœuvre ton beau front aussi, Heureux object de mon souci.

Plus belle que Venus tu marches ; Plus que les siens tes yeux sont beaux.

Qui flambent sous deux noires arches Comme deux célestes flambeaux.

D'où le brandon fut allumé Qui tout le cœur m'a consumé.

Eh ! n'est-ce pas ton œil, mignonne.

Qui dans son regard escarté Les miens encores emprisonne.

Peu soucieux de liberté.

Et qui m'a desrobé le cœur Et seul de moy s'est fait vainqueur ? •

Ennuy, plaisir, joye, tristesse, De tous costés naissent de toy.

Enlasse mon col, ma déesse I Baise-moy et rebaise-moy ; Veuilles au moins d'un seul baiser Le feu de mon cœur appaiser.

Te voyant des belles la belle,

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