‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 179 sur 361 · Tomber (L.). i. Se fend · texte numérisé non relu

Tomber (L.). i. Se fend

LA FUAXCIADE. — I. 179

Enfant, mary, seul mon frère et nia sœur, Seul père et mère, et voyant la semence De tous les miens germer en ton enfance, Me consoloy de t'avoir enfanté.

Me restant seul de toute parenté.

Du grand Achil les armes et l'audace Dessous la terre ont envoyé ma race.

Pour toy le jour seulement me plaisoit ; Si quelque ennuy lamenter me faisoit.

Te regardant* j'allegeoy ma tristesse.

Comme soustien de ma foiblo vieillesse.

Las ! je pensoy qu'an jour de mon trespas.

Quand l'esprit vole et le corps va là bas.

Que tu ferois mes obsèques funèbres.

Clouant mes yeux enfermez de ténèbres.

Me laverois le corps froid de tiède eau, Et de gazons me ferois un tombeau.

Comme bannie au bord de ce rivage (Car aux bannis il n'en faut d'avantage).

Serrant ensemble en un mesme repos De mon mary les cendres et les os... [2]

Las î je vois • bien, mon fils, que tu t'en vois ^ Bien loing de moy, et que ma triste vois Comme ta voile au vent sera portée, Demeurant seule icy desconfortée.

Mais pour mon corps, qui n'attend que sa fin, Ne laisse, fils, à suivre ton destin... [42]

Ainsi, pleurant, Francus elle accola, Puis espamée^ au logis s'en alla.

Où, de son corps l'ame estant détachée, Dessus un lict ses servans l'ont couchée.

Pour la donner au sommeil adoucy Qui des mortels enchante le soucy... [127]

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