‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 199 sur 361 · Mais bien plutôt*. 4. V. A. Chénier, p · texte numérisé non relu

Mais bien plutôt*. 4. V. A. Chénier, p

Ny les ruisseaux, hostes de la prairie,

Forests ni fleurs, bocage ni rocher.

Ne la sçauroient engarder ^ de moucher *,

De toutes parts vagabonde et courante :

Ainsi Clymene, en son esprit errante,

Court et recourt, et n'est jamais ostô

Le poignant trait qui navre 3 son costé... [286]

(Elle hésite à aller demander conseil à sa sœur ; elle s*y résoat, mais recale au moment de passer le seuil de l'appartement de Hyante. Elle rentre dans sa chambre et donne cours à ses larmes et à ses sanglota. Elle veut se donner la mort, mais elle s'évanouit au moment de porter le poison à sa bouche. Sa nourrice, accourue, la ranime et lui conseille d'écrire à Francus. Clymène compose sa lettre en soupirant.)

« Soit que le jour de TOrlent retourne.

Soit qu'à midy dessus nous il séjourne, Soit que la mer le reçoive à coucher.

Je pense en toy, et si n'ay rien plus clier Que de me paistre en ta vaine figure.

Ainsy pour toy cent passions j'endure.

Et sans pouvoir ny veiller ni dormir, Seule en mon lict, je ne fais que gémir.

Que ne me fist Diane la pucelle Mourir le jour, d'une flèche cruelle.

Que je te vy ? Le temps vescu depuis N'est qu'une mort vive de mes ennuis.

Comment vivroy-je ? Ah ! mon ame affolée.

Laissant mon corps, en la tienne est allée.

Tu es mon roy, de toy seul je despens.

Je meurs pour toi, et si* ne m'en repens.

« Ayes s pitié d'une fille amoureuse ; La volupté sur toutes doucereuse C'est en amour cueillir la prime ^ fleur,

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