A RONSARD
Ton esprit est, Ronsard, plus gai 'lard que le mien ; Mais mon corps est plus jeune et plus fort que le tien ; Par ainsyje conclu qu'en sçavoirtu me passe D'autant que mon printemps tes cheveux grisefTace.
L'art de faire des vers, deust on s'en indigner. Doit estre à plus haut prix que celuy de régner. Tous deux e<?alement nous portons des couronnes ; Mais, roy, je la reçus ; poëte, tu la donnes. Ton esprit, enflammé d'une céleste ardeur, Esclatte par soy-mesme, et moy par ma grandeur. Si du costé des dieux je cherche l'advantage, Ronsard est leur mignon et je suis leur image. Ta lyre, qui ravit par de si doux accords.
Te soumet les esprits dont je n'ay que les corps ; Elle t'en rend le maistre, et te fait introduire Où le plus fier tyran n'a jamais eu d'empire; Elle amollit les cœurs et soumet la beauté :
Je puis donner la mort, toi l'immortalité.
L « Produire une source de alors un second roi François !•'. fontaine (N.) » 3. Publiés en 1651, et sans