S. m., plaintes (R. de la R ; 9. Tantôt. . . tantôt
Or' près d'une onde à l'escari recelée.
Libre, folâtre où son pied le conduit ;
De rets ne d'arc sa liberté n'a crainte, Sinon alors que sa vie est atteinte D'un trait meurtrier * empourpré de son sang ;
Ainsi j'allois, sans espoir de dommage, Le jour qu'un œil, sur l'avril de mon âge.
Tira d'un coup mille traits dans mon flanc.
Dedans un pré je veis une Naïade Qui comme fleur marchoit dessus les fleurs, Et mignottoit * un bouquet de couleurs Échevelée en simple vertugade '.
Dès ce jour-là ma raison fut malade, Mon front pensif, mes yeux chargez de pleurs, Moi triste et lent : tel amas de douleurs En ma franchise^ imprima son œillade.
Là je senty dedans mes yeux couler Un doux venin, subtil à se mesler Au fond de l'ame, et depuis cet outrage,
Comme un beau lis, au mois de juin, blessé D'un rais* trop chaud, languit à chef baissé. Je me consume au plus verd de mon âge.
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Quand ces beaux yeux jugeront que je meure Avant mes jours me bannissans là-bas, Et que la Parque aura porté mes pas À l'autre bord de la rive meilleure;
Antres et prez, et vous forets, à l'heure •, Je vous supply, ne me dédaignez pas;
1. Dissyllabique; ier, iez, mo- 3. Tournure, ici p. jupon (Ronosyl. jusqu'à Corneille (Quich. que).
Vere. p. 291). 4. Liberté (N.; L.; R. de la R. ;
2. Traitait, arrangeait d'une fa- Malh. Corn., Mol.), çon mignonne. V, un peu plus 5. Rayon (N.; L.). loin, p. 14 (N.; L.). 6. Alors (L.; Malh.).
Ains ^ donnez-moy, sous l'ombre de vos bras.
Pour tout jamais éternelle demeure.
Puisse advenir qu'un poète amoureux.
Ayant pitié de mon sort malheureux, Dans un cyprès note cette epigramme :
« Cy-dessous gist un amant vendomois.
Que la douleur tua dcilans ce bois, Pour aimer trop les beaux yeux de sa dame. •
Ciel, air et vents, plaine et monts desoouvers, Tertres fourclius et forests verdoyantes.
Rivages tors ', et sources ondoyantes.
Taillis rasez, et vous, bocages vers ;
Antres moussus à demy- front ou vers, Prez, boutons, fleurs et herbes rousoyantes*"^. Coteaux vineux et plages blondoyantes, Gastine, Loir, et vous, mes tristes vers.
Puis qu'au partir, rongé de soin et d'ire, A ce bel œil l'adieu je n'ay sceu dire.
Qui près et loin me détient en esmoy,
Je vous supply, ciel, air, vents, monts et plaines Taillis, forests, rivages et fontaines, Antres, prez, fleurs, dites-le-luy pour moy.
Que n'ay-je, Dame, en escrivant, la grâce Divine autant que j'ay la volonté ?
Par mes escrits tu serois surmonté, Vieil enchanteur des vieux rochers de Thrace.
Plus haut encor que Pindare et qu'Horace, J'appenderois * à ta divinité
1. Conj., mais, mais bien, mais 3. Rocicffr. rorv.l/intœ. ^^ Habien plutôt (Burh. Gr., II, 376 ; mide!«, chargées de ronsée (ro- Amp. Form. 264 ; Chev., III, 351 ; sée). Rousoyant (Iac.; L., ex. d-- St-Alexis, 54 d). Régnier), rousineux (J. Gl.).
2. Fart. jj. de tordre (L.); qui 4. Muret remarque avec raison se recourbent. que l's n'est qaVuphoniqne.
Un livre enflé de telle gravité
Que du Bellay luy quitteroit la place.
Si vive encor Laure par l'univers Ne fuit volant dessus les tbusques ^ vers, Que nostre siècle heureusement estime,
Comme ton nom, honneur des vers françois, Victorieux des peuples et des rois, S'en-voleroit sur Taile de ma ryme.
Si je trespasse* entre tes bras, Madame, Il me suffit : car je ne veux avoir Plus grand honneur sinon que de me voir.
En te baisant, dans ton sein rendre Tame.
Celuy que Mars horriblement r'enflame Aille à la guerre, et d'ans et de pouvoir Tout furieux, s'esbate* à recevoir En sa poitrine une espagnole lame.
Mais moy, plus froid, je ne requiers sinon.
Après cent ans, sans gloire et sans renom Mourir oisif en ton giron, Cassandre :
Car je me trompe, ou c'est plus de bon -heur D*ainsi mourir, que d'avoir tout l'honneur.
Pour vivre peu, d'un monarque Alexandre.
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Je te hay, peuple *, et m'en sert de tesmoin Le Loir, Gastine * et les rives de Braye *, Et la Neufifaune ' et la verte saulaye Qui de Sabut' borne l'extrême coin.
Quand je me perds entre deux monts bien loin, M'arraisonnant, seul, à l'heure j'essaye De soulager la douleur de ma plaj^e,