Le 11 sept, 1524. Voj. la Roquef
biographie. 4. Pensa*.
Et le bagage espars que le vent secouoit^
Et qui servoit flottant aux ondes de jouet,
D'Escosse retourné, je fus mis hors de page.
Et à peine seize ans avoient borné mon âge.
Que l'an cinq cent quarante avec Baïf jevins
En la haute Allemaigne, où la langue j'apprins.
Mais las! à mon retour une aspre maladie.
Par ne sçay quel destin, me vint boucher l'ouïe.
Et dure m'accabla d'assommement > si lourd,
Qu'encores aujourd'huy j'en reste demi-sourd.
L'an d'après, en avril, Amour me fît surprendre.
Suivant la cour à Biois, des beaux yeux de Cassandre.
Soit le nom faux ou vray, jamais le temps vainqueur
N'ostera ce beau nom du marbre de mon cœur.
Incontinent après disciple je vins estre,
A Paris, de Daurat qui cinq ans fut mon maistre
En grec et en latin ; chez lui premièrement
Nostre ferme amitié print son commencement.
Laquelle dans mon ame à tout jamais et celle
De nostre amy Baïf sera perpétuelle.
Nous vivons, mon Belleau, une vie sans vie ; Nous autres qui vivons, nous servons à l'envie. Nous servons 2 aux faveurs, et jamais nous n'avons Un seul repos d'esprit tandis que nous vivons. De tous les animaux qui vivent sur la terre L'homme est le plus chetif ; car il se fait la guerre Luy-mesmes à luy-mesme, et n'a dans son cerveau Autre plus grand désir que d'estre son bourreau. Regarde, je te pri', le bœuf qui d'un col morne Traine pour nous nourrir le joug dessus la corne : Bien qu'il soit sans raison, gros et lourd animal,^