‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 285 sur 361 · HYMNE DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

HYMNE DU PRINTEMPS

A FLEURIMONT ROBERTET, SEIGNEUR d'aLUYE SECRETAIRE d'ESTAT

Je chante, Hobertet, la saison du Printemps, Et comme Amour et luy, après avoir long-temps Combatu le discord de la masse première.

De flammes bien armez sortirent en lumière.

Tous deux furent oiseaux, l'un dans les cœurs vola, L'autre au retour de l'an jouvenceau s'en alla Rajeunir contre terre, et pour mieux se conduire Envoya devant soy les aisles de Zephyre.

Zephyre avoit un rhé 3 d'aimant * laborieux, Si rare et si subtil qu'il decevoit les yeux. Ouvrage de Vulcan ; lequel depuis l'aurore.

Depuis le jour couchant jusqu'au rivage More Il tenoit estendu, pour prendre cautement^ Flore que le Printemps aimoit ardentement 6.

Or ceste Flore estoit une nymphe gentille.

Que la Terre conceut pour sa seconde fille ; Ses cheveux estoient d'or, annelez et tressez ; D'une boucle d'argent ses flancs estoient pressez, Son sein estoit remply d'esmail et de verdure;

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