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Un crespe délié ^ luy servoit de vesture ', Et portoit en la main un cofin ^ plein de fleurs Qui nasquirent jadis du crystal de ses pleurs, Quand Aquilon voulut la mener en Scythie, Et la ravir ainsi comme il fit Orithve ; Mais elle cria tant que la Terre y courut, Et des mains du larron sa fille secourut.
Tousjours la douce manne et la tendre rosée, Qui d'un air plus subtil au ciel est composée. Et la forte jeunesse au sang chaud et ardant, Et Amour qui alloit son bel arc desbandant *, Et Venus qui estoit de roses bien coifée, Suivoient de tous c^stez Flore la belle fée.
Un jour qu'elle dansoit Zepliyre l'espia, Et tendant ses filets la print et la lia De rets enveloppée, et jeune et toute belle Au Printemps la donna qui languis.soit pour elle.
Si tost que le Printemps en ses bras la receut. Femme d'un si grand dieu fertile elle conceut Les beautez de la Terre, et sa vive semence Fit soudain retourner tout le monde en enfance.
Alors d'un nouveau chef les bois furent couverts. Les prez furent vestus d'habillements tous verds. Les vignes de raisins ; les campagnes portèrent Le blé que sans labeur les terres enfantèrent. Le doux miel distila du haut des arbrisseaux, Et le laict savoureux coula par les ruisseaux.
Amour, qui de bien loing le Printemps n'abandonne. Prit Tare dedans la main, et du trait dont il donne Tant de brasiers aux cœurs, s'en alla dans la mer Jusqu'au centre des eaux les poissons enflamer. Et maugré la froideur des plus humides nues Enflama les oiseaux de ses fiâmes cognues ; Alla par les rochers et par les bois déserts Irriter la fureur des sangliers et des cerfs,