Ni. . . ni
Car pour vivre content vous en avez assez.
S'il vous plaist vous garder sans archers de la garde, Il faut que d'un bon œil le peuple vous regarde, Qu*il vous aime sans crainte; ainsi les puissans rois Ont gardé leur empire et non par le harnois.
Comme le corps royal ayez Tame royale; Tirez le peuple à vous d'une main libérale^ Et pense/ que le mal le plus pernicieux C'est un prince sordide et avaricieux.
Ayez autour de vous des personnes notables.
Et les oyez ^ parler volontiers à vos tables; Soyez leur auditeur comme fust vostre ayeul, Ce grand François, qui vit encores au cercueil.
Soyez comme un bon prince amoureux de la gloire, Et faites que de vous se remplisse une histoire Digne de vostre nom, vous faisant immortel Comme Charles le Grand ou bien Charles Martel.
Ne souffrez que les grands blessent le populaire ; Ne souffrez que le peuple au grand puisse desplaire. Gouvernez vostre argent par sagesse et faison : Le prince qui ne peut gouverner sa maison.
Sa femme, ses enfans et son bien domestique, Ne sçauroit gouverner une grand* république.
Pensez longtemps devant 2 que faire aucuns edicts ; Mais si tost qu'ils seront devant le peuple dicts. Qu'ils soient pour tout jamais d'invincible puissance Car autrement vos loix sentiroient leur enfance.
Ne vous monstrez jamais pompeusement vestu ; L'habillement des rois est la seule vertu.
Que votre corps reluise en vertus glorieuses. Et non pas vos habits de perles précieuses.
D'amis plus que d'argent monstrez- vous désireux ; Les princes sans amis sont tousjours malheureux. Aimez les gens de bien, ayant tousjours envie De ressembler à ceux qui sont de bonne vie.
Punissez les malins et les séditieux ;