Dans la signification où Ton fréq. (Pascal
employsLit pourlatU que (li. hist.; 6. S'app. poar app. (N.; L.).
Que le bien de l'Eglise aux enfans se départ >.
Il ne faut s'estonner, chrestiens, si la nacelle
Du bon pasteur sainct Pierre en ce monde chancelle,
Puis que les ignorans, les enfans de quinze ans,
Je ne sçay quels muguets, je ne sçay quels plaisans
Tiennent le gouvernail, puis que les bénéfices
Se vendent par argent ainsi que les offices.
Mais que diroit sainct Paul, s'il revenoit icy. De nos jeunes prélats, qui n'ont point de soucy De leur pauvre troupeau, dont ils prennent la laine Et quelques fois le cuir^ qui tous vivent sans. peine. Sans prescher, sans prier^ sans bon exemple d'eux. Parfumez, découpez 3 courtisans, amoureux.
Veneurs et fauconniers, et avec la paillarde Perdent les biens de Dieu dont ils n'ont que la garde f
Que diroit-il de voir l'Eglise à ^ Jesus-Cbrist, Qui fut jadis foAdée en humblesse^ d'esprit En toute patience, en toute obéissance.
Sans argent, sans crédit, sans force ny puissance. Pauvre, nue, exilée, ayant jusques aux os Les coups de fouets sanglans imprimez sur le dos ; Et la voir aujourd'buy riche, grasse et hautaine. Toute pleine d'escus, de rente et de domaine? Ses ministres enflez et ses papes encor Pompeusement vestus de soyeetde drap d'orî Il se repentiroit d'avoir souffert pour elle Tant de coups de baston, tant de peine cruelle, Tant de bannissemens, et voyant tel meschef ^ Pri'roit « qu*un trait de feu luy accablast le chef.
Il faut donc corriger de nostre sainct^Eglise Cent mille abus commis par l'avare prestrise. De peur que le courroux du Seigneur tout-puissant N'aille d'un juste feu nos fautes punissant.
1. Sô partage (St Alexis, O 20 3. A pour de, archaïsme resté a)*. populaire (reça dans N.; J. 01.).
2. Épith. qui se rapporte aux 4. Ou hamilité*. habits, à la tenue (L., hist., ex, 5. Malheur*.
pi is dans Lacume). 6. V. p. 152.
Quelle fureur nouvelle a corrompu nostre aise? Las ! des Luthériens la cause est très-mauvaise^ Et la défendent bien ; et par malheur fatal La nostre est bonne et saincte, et la défendons mal. ^ O heureuse la gent > que la mort fortunée I A depuis neuf cens ans sous la tombe emmenée ! Heureux les pères vieux des bons siècles passez Qui sont sans varier en leur foy trespassez, Ains que > de tant d'abus l'Eglise fut malade ! Que n'ouïrent jamais parler d'Œcolampade, De Zvingle, de Bucer, de Luther, de Calvin ; Mais, sans rien innover au service divin, Ont vescu longuement, puis d'une fin heureuse En Jésus ont rendu leur ame généreuse.
Las ! pauvre France, helas ! comme une opinion Diverse a corrompu ta première union !
Tes enfans, qui devroient te garder, te travaillent. Et pour un poil de bouc entr'eux-mesmes bataillent, . Et comme reprouvez, d'un courage meschant, Contre ton estomac tournent le fer trenchant. . . [24]
France, de ton malheur, tu es cause en partie : Je t'en ay par mes vers mille fois advertie; Tu es marastre aux tiens et mère aux estrangers. Qui se mocquent de toy quand tu es aux dangers ; Car sans aucun travail les cstrangers obtiennent Les biens qui à tes fils justement appartiennent... [82|