‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 74 sur 361 · Tibulle, I, iv, 35. 6. V. Homère, Ily. III, 159. R · texte numérisé non relu

Tibulle, I, iv, 35. 6. V. Homère, Ily. III, 159. R

Que voir de tant de sang nostre campagne pleine. Nos re havre gaigné, Tassaut à nos rempars.

Pères, il ne falloit. à qui la force tremble, Par un mauvais conseil les jeunes retarder ; Mais, et jeunes et vieux, vous deviez tous ensemble

Pour elle corps et biens et ville bazarder.

Menelas fut bien sage ^ et Paris, ce me semble. L'un de la demander, l'autre de la garder.

-co-

Ceste fleur de vertu pour qui cent mille larmes Je verse nuict et jour, sans m'en pouvoir soûler. Peut bien sa destinée à ce Grec égaler, A ce fils de Thetis, à l'autre fleur des armes.

Le ciel malin borna ses jours de peu de termes * ; 11 eut courte la vie, ailée à s'en aller; Mais son nom qui a fait tant de bouches parler, Lui sert contre la mort de piliers et de termes.

11 eut pour sa prouesse un excellent sonneur*'; Tu as pour tes vertus en mes vers un honneur Qui malgré le tombeau suivra ta renommée.

Les dames de ce temps n'envient ta beauté.

Mais ton nom tant de fois par les Muses chanté. Qui languiroit d'oubly si je ne t'eusse aimée

-oo-

Afin que ton honneur coule parmi la i)lainc Autant qu'il monte au ciel engravé < dans un pin, Invoquant tous les dieux et respandant du vin, Je consacre à ton nom ceste belle fontaine.

1. Properce, II, m, 57. R. " danslalangue (G. Paris, St- Alexis.

2. Pour les rimes, larmes, ar- p. 48 et suiv,). Dans le centre, on mes. termes, avoisinez les sons prononce encore larme (-1 . Gl.) en fermant l'a et en ouvrant l'è. « Aucuns riment arme avec erme Pareilles rimes dans Villon, Ma- par licence. » (Ace. Rim.)

rot (Qui çh., Vers. p. 360). Ex. 3. De vers, c. à d. poète : fréq.

du son indéter. de l'a et de l'e dans Ronsard. L'excellent son-

(Livet, Gr., p. 481 ; cf." Génin, ncur, c'est Homère.

Var., 291). Assonances anciennes 1. Gravé*.

Pasteurs, que vos troupeaux frisez de blanche laine Ne paissent à ces bords ; y fleurissent le thyn Et la fleur dont le maistre eut si mauvais destin i. Et soit dite à jamais la fontaine d'Helene.

Le passant en été s'y puisse reposer, Et, assis dessus l'herbe, à l'ombre composer Mille chansons d'Helene, et de moy lui souvienne.

Quicoiiques en boira, qu'amoureux il devienne, Et puisse, en la humant, une flame puiser Aussi chaude qu'au cœur je sens chaude la mienne.

STANCES

SUR LA FONTAINE u'UELENE-

Vous qui rafraichissez ces belles fleurs vermeilles, Petits frères ailez, Favones et Zephirs, Portez vers ma maistresse aux ingrates oreilles, En volant parmy l'air, quelqu'un de mes souspirs... [20J

Dryades, qui vivez sons les escorces sainctes. Venez et tesmoignez combien de fois le jour Ay-je troublé vos bois par le cri de mes plaintes. N'ayant autre plaisir qu'à souspirer d'amour.

Echo, fille de l'air, hostesse solitaire Des rochers, où souvent tu. me vois retirer, Dy quantes 3 fois le jour, lamentant ma misère, Tay-je fait souspirer en m'oyant souspirer ?

Ni cannes, ni roseaux ne bordent ton rivage.

Mais le gay poliot *, des bergères amy ; Tousjours au chaud du jour le dieu de ce bocage. Appuyé sur sa fleute, y puisse estre endormy... [20]

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