AU ROY HENRI II
SUR LA PAIX FAITE ENTRE LUI ET LE ROV d'aNGLETERRE
l'an 1550
Diversement, ô Paix heureuse.
Tu es la garde vigoureuse Des peuples et de leurs citez ; Des royaumes la clef tu portes.
1. Les odes parurent, les 4 premiers livres en 1550, le 5* en 1553. Elles furent commentées par Richelet. Ronsard est le premier qui se soit servi du mot ode. V. VEpistre au Lecteur qui précède les odes.
2. Le livre !•' comprend une dédicace au roi Henri II et 22 pièces. Les 15 premières odes .
sont dites pindariques, et sont composées de strophes et d'antistrophes isomètres ayant le même
nombre de vers, et d'épodes ayant souvent moins de vers avec un changement de rythme. Les plus considérables sont la 1" (10 sfcr.
de 18 vers octosyll.; 10 antistr. de 18 vers octosyll.; 10 ép. de 14 v.
heptasyll.; en tout 500 v.) et la X» (24 str. de 12 v. octosyll.; 24 antistr. de 12 v. octosyll.; 21 ép.
de 10 V. heptasyll.; en tout 816).
La plupai-t des odes de Pindare ont moins de 200 vers; une seule (Pyt.IV)ena533.
Tu ouvres des villes les portes, Sereuant i leurs adversitez.
Bien qu'uu prince voulust darder Les flots armez de son orage.
Et tu le viennes regarder^ Ton œil appaise son courage ; L'effort de ta divinité Commande à la nécessité.
Ployant sous ton obéissance ; Les hommes sentent ta puissance, Alléchez de ton doux repos.
De Tair la vagabond^ troupe T'obéyt, et celle qui coupe De Teschine l'azur des flots.
Je te salue, heureuse Paix, Je te salue et re-salue, Toy seule, déesse, tu fais Que la vie soit mieux voulue*.
Ainsi que les champs tapissez De pampres ou d'espics hérissez Désirent les fllles des nues Après les chaleurs survenues.
Ainsi la France t'attendoit, Douce nourricière des hommes, Douce rosée qui consommes 3 La chaleur qui trop nous ardoit *. .
Tu as esteint tout Tennuy Des guerres injurieuses, Faisant flamber * aujourd'huy Tes grâces victorieuses.
En lieu du fer outrageux,
1. Rendre serein, apaiser (N.; confusion fréq. alors (L., rem.). L.). 4. Brûlait*.