POESIES CHOISIES ^I
J'ay beau jurer, j'ay beau vous dire Que vos yeux causent mes tourmens, Iris, vous ne faites que rire De ma peine et de mes sermens.
Cependant vous aimez à lire Les poètes et les romans, Et souvent votre cœur soupire D'y voir de malheureux amans.
Vous recevez avecques joye Les romans que je vous envoyé; — Et mon billet est rebutté.
Que vous estes peu raisonnable!
Vous estes seule que la fable Touche plus que la vérité.
Gesse de plaindre ma souffrance, Tirsis! ton desplaisir ne sert Qu'à donner plus de violence Au cruel chagrin qui me perd.
Mon mal trompe la connoissance Du médecin le plus expert; Il est tout autre qu'on ne pense, Il est plus grand et plus couvert.
Comme toy, la belle Silvic
Fait des vœux au Ciel pour ma vie,
Et tesmoigne assez qu'elle craint.
Ma douleur la rend abattue; — Et cette belle qui me plaint Est la cruelle qui me tuel