‹ Poésies choisiesChapitre 116 sur 300 · Compte. 2. r,écomi)eiise · texte numérisé non relu

Compte. 2. r,écomi)eiise

Ça, ça que je vous baise, ù cheveux em])amez, Puis que vous me donnez ce bienheureux présage.

Mon cœur, esperon mieux d'un phis certain courage, Par ceux qui sont d'amour vrayement enflammez, Et qui d'un trait heureux ont les cœurs entamez, Ne peut s'espérer tant qu'ils n'ayent d'avantage.

Esperon mieux, mon coeur. Qui est-ce qui dira (Jue Francine ne m'aynie et qui d'avoir eu d'elle Une telle faveur jamais s'orgueillira ?

Mon cœur esperon mieux : il est bien malheureux Oui vit en desespoir obscurément fidelle : Malheureux qui n'espère et (jui est amoureux !.

Pour hanter les condiats je ne fay m'estimer. Aux palais pleins de bruit je ne me mets en vente, Je ne veu sur la mer blèiuir pour la tourmente, >'v en quelque autre estât me faire renommer.

M'en loue qui vaudra, ou m'en vienne blâmer. Une chose me plaist, dont l'honeur seul me tante. C'est do pouvoir un jour, pour mon amour constante, Me voir autant aymé comme je puis aymer.

Tout autre estât mondain il me déjilaist de suyvre Si l'on m'ostc l'amour, sans pouvoir faire rien, Par force et nuit et jour oysif me faudra vivre.

Mais si j'ayme tousjours ma sçavante piicelle. Je ne veu d'avoir bruit chercher autre moyen (,Uie d'exceller en foy, comme en grâce elle excelle.

Nul je ne vi'u blâmer d'écrire à sa façon. Ou soit que trop enflé le langoureux il feigne, Ou soit que son amour froidement il dépeigne ; Nul, ma Francine, aussi ne blâme ma clianson.

Si je chantoY pour eux ils me pourroient blâmer Mais si je leur deplavs, il me plaist leur déplaire,

AMOURS DE FI",\>CI.NE. — I. l.ll

Franciiie, en te plaisant. Qu"ay-je aux autres ataire' .' J'ay tout ce que je veu si tu veiLX m'estimcr.

Ce que j'écry te plaist, lu aynies bien mon stiie : Aussi j'écry pour toy, c'est pour toy que je chante. Un autre au gré de tous se pêne de chanter :

Moy qui brusle du feu de ton amour gentile, D'avoir touché le Init de mes vers je me vante, Si mon chant amoureux est pour te coutanter.

Si j'avoy le pouvoir, comme j'ay le couraye, De chanter ta valeur ainsi qu'elle mérite. En un style plus haut on la verrait écrite, Qui d'icy à mille ans en portroit témoignage.

En vain je n'auroy vu ce beau jour de ton âge ; Âmom" n'auroit en vain, d'un de ses traits d'élite. Pour toy navré- mon cœur, car ny la mort dépite Ny le temps sur nos noms n'auroyent point d'avantaj

Mais lise qui voudra les livres pour aprendre Des autheurs anciens la science immortelle, D'iesles se garnissant pour voler à la gloire :

Quant à moy sans cela j'ose bleu entreprendre. Guidé de tes beaux yeux et de leur clarté belle, Dresser de nostre amour assez longue mémoire.

Pour gage d'amitié je te donne et dédie. Mon Cottier, tout cecy qu'en moins d'un an l'ardein D'une gentile amour éprise dans mon cœur M'a fait plaindre et chanter pour une 1)elle amie.

Déesses, qui gardez la sainte Castalie, Si de vostre bon gré vostre douce fureur En moy vous avez jointe à la plaisante erreur, Où m'égaroit d"x\.mour la divine folie ;

' A faire. '2. Blessé'.

lô'2 POESIES CHOISIES DE BAÏF.

Si mes vers ainoui'cnx de bon gré vous avez Siivvis en vostre (lance, et si dans vostre eau belle Pour les rendre plus beaux vous les avez lavez;

Faites vivre eu mes vers d'un louable renom, Tant que l'on sentira d'iunour quelque estincelle, U Muse*, mon Cottier, ma Francine et mon nom.

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