‹ Poésies choisiesChapitre 117 sur 300 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

En quels rochers pierreux, en quelle forest grande. En (piel bois écarté, en quel lointain rivage, En quel antre d'effroy, en quel pais sauvage. Pour me sauver d'Amour faut-il que je me rande?

Où plus cet œil ses traits d.ins mon cœur ne débande ■ Où plus ces belles mains n'en facent un pillage, Où plus je ne soy point-' de l'amoureuse rage. Où |ilus mort ou merci en vain je ne demande?

Hélas ! si par la mort toute doulem' se passe, Ame, que tardes-tu te mettre hors de peine? (Jue ne vas-tu chercher en la mort quelque gi'ace ?

Oue vaudroit de fuir au pais plus estrange ? Qui fuit au loin son mal et quant et soy* le meine, Il change de païs, mais point il ne se change.

Aubert, à qui la Muse a versé dans la bouche Un chant, dont la douceur feroit le miel amer. Si quelquefois Amour ton cœur put enilànier De l'œil d'une niaistresse à ton désir farouche ;

i. Coutient 125 sonnets. 4. Mauvaise orlliogr. (J. Gl.) ;

i. Décoclic. quand et, en inèrac leini>s qu«

7>. Piqué, du veibcî poindie'. soi, c. ù d. avec soi (L.).

Vicn voir un pauvre amant : pren Ion lut et le touclie ; Vien avec ta chanson d'un tel son l'annner, (Ju'alleger il me puisse et d'amour alumer La rebelle (pii m'est plus sourde qu'une souche.

Auhert, vien voir Franciuii ; si tu vois ses beaux yeux Eslinceler d'amour la lumière divine, Si lu oys ' son parler, plus que miel savoureux,

Tu diras : ô beauté, beauté dine des cieux, Jamais autre heauté entre nous ne fut dine^, Si cette-cy^ ne l'est, d'un poëte amoureux.

En plus hrave chanson si je n'écry, Doitic*, Les batailles des rois éclatantes d'acier; Si à vanter leurs faits je ne suis le premier; Si je n'entle mon stile en grave tragédie \

Qu'on ne pense pourtant que tout ce que je clumle Se doive prendre à fai)le. Il y a du profit A cognoistre Terreur qu'un misérable fit, Afin de la fuir si elle se presante.

Servent donc mes écris, à qui se gardera De tom])er dans le piège, où je me laissay prendre. l'ossil)le un plus luureux un jour s'en aidera,

Remontrant à sa dame : U cruelle beauté (Dira-t il) voudrois-tu si fiere à moy te rendre [•our gagner un renom de si grand' cruauté ?

Comme le papillon, par une clarté helle Doucement convié à voler dans le feu, Virevolte à lenteur de la Iteaulé deceu ^, Tant de fois qu'à la fin il meurt sur la chandelle;

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