‹ Poésies choisiesChapitre 120 sur 300 · Cette*. -2. Mais bien plut · texte numérisé non relu

Cette*. -2. Mais bien plut

Ha, si le chaud mitly vous ternist vostre fleur. Au soir sa douce main vous rend vostre vigueur : Mais sa main fiere, à moy, ma force m'a ravie.

De vostre heur, heaux œillets, je ne suis pas jaloux ; Mais au moins montrez luy qu'elle peut comme à vous Me remeUre en vigueur ma languissante vie.

Bien qu'empesché tu sois en ta propre maison. Mon Cottier, par les tiens, de lire ne refuse Ce- que j'ay recueilli sous ma petite muse. Captif d'une maisiresse en aymable prison.

Je sçais bien, tu donras ^ bien plus qu'à la raison A la douce amitié, qui doucement t'abuse ; Et, Collier, il n'est pas que de la double ruse D'Amour tu n'ais goûté quelquefois le poison.

Tu cognois comme il point et nous chatouille ensemble; Comme il se donne aux cœurs et nos cœurs il nous emble- : Comme il rit en mordant, amer et doucereux.

Yien doncques tes amours dedans les miennes lire. Comme au port le nocher, t'ébatant à redire Le péril, échapé des (îscueils dangereux.

0 pas en vain pcrduz ! ù espérances vaines! 0 trop puissant désir ! ô par trop foible cœur ! 0 trop llateuso amonr ! ô trop âpre langueur ! 0 mes veux, non plus yeux, mais de pleurs deux fonlaines '

0 soûlas peu certains, tristesses trop certaines ! 0 pour si claire foy trop aveugle rigueur ! 0 grâces, ô beautez, dont la belle vigueur En vigueur entretient toujours fraîches mes peines!

0 souhets, ô soupirs, ô pensers, ô regrets ! 0 prez, campagnes, eaux, ô roches, ô forets !

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