I. Tu doimeras'. ' 2. lîavit
0 déesses, ô dieux de la terre et de l'onde !
0 ciel, ô terre, ô mer ! ô dieu qui luis le jour. Déesse qui la nuit ! voyez vous autre amour Qui face qu'en amant tant de tristesse abonde?
Doncques on dit que mon amour est feinte, Et que je fay de l'amoureux transi.
Et que les vers, que je compose ainsi. Ne partent pas d'une ame au vif ateinte?
0 pleust à Dieu, que fausse fust la plainte Qui va criant mon amoureux soucy !
Perdroy-je en vain ce que j'écris icy Si d'amour vray n'estoit mon ame étreinte?
Que pleust à Dieu que ceiLX qui font ce bruit Un seul moment eussent au cœur la playe Que mon œil traitre en mon cœuc a conduit!
Ou pour le moins fussé-je tant heureux. Que de leur bruit la fausseté fust yraye, Comme je suis vrayement amoureux !
An heureux, heureux mois, et jour et soir heureux, Quand Francine me dit : Doncques tu ne, t'asseures De mon amour, Baïf ? Tousjours donc tu demeures De mon affection douteux et désireux ?
Baif, tu seras bien incrédule amoureux Si tu ne le co^mois par des preuves bien seures ' ; Et faudra que bien tost ou je meure ou tu meures. Ou tu ne seras plus vainement langoureux.
Que peut faire espérer promesse si gentile - ?