‹ Poésies choisiesChapitre 124 sur 300 · Imité d'Horace, £;>//., I, vi, cf. A. Chénier, p · texte numérisé non relu

Imité d'Horace, £;>//., I, vi, cf. A. Chénier, p

Ennuyé d'cstre serf je cherchay liberté, Et si tant que je l'eu ; mais je ne pourroy dire Combien la liberté en moy je trou\ny pire Que de vivre captif sous tant belle fierté.

Et comme de mon gré je m'en estois esté, Je m'y remis encor; et soit que mon martire Ou se face plus doux ou tousjours plus s'empire, Esclave je vivray d'une fière beauté.

Les chaines et les ceps ' me plaisent davantage, Que vivra en liberté délivre- du servage. Me plaigne qui voudra, mais je m'estime heureux.

Y a-t-il bienheurté^ qui a tous soit toute une? Chacun se forge un heur*. Qui aime sa fortune, El qui en est contant, il n'est pas malheureux.

Francine, j'ay juré d'estre à jamais à toy ; J'ay juré par mes yeux, par mon cœur, par mon ame. Qui languissent pour toy dans l'amoureuse flàme, Et par tous les ennuis qu'ils soufrent de leur foy.

Mais tu t'en ris, mauvaise, et le deuil j'en reçoy ; Mauvaise, tu t'en ris, te disant es'tre dame * De tout ce qu'ay juré, et tu me donnes blâme D'aA'oir en vain juré ce qui n'est pas à moy.

Au moins, Francine, au moins, si miens je ne puis dire Ny mon cœur, ny mes yeux, ny mon ame, ny moy, Puissé-je dire mien mon amoureux martire !

Au moins mes pleurs soyent miens, mes soupirs, ma Pour te jurer par eux, d'inviolable foy, [tristesse,

Jamais ne te changer pour une autre maistresse.

1. Entraves pour les criminels 3. Bienheureté, félicité (.\.; (L.; sa description dans .N.). Joinville).

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