V. .Malherbe, j). Iô8. 5. Bouquel (Poiigens
2. La tète inclinée, baissée 4. Tu clian^es de place, tn le r.oquefort). déplaces (L., Iiist.).
Parmi ces lis épanis Et parmi ce doux anis?
Acoiirez toutes, abeilles, Dessus ces lèvres vermeilles Où foisonne tout cela Que vous cherchez ça et b'i.
Icv mille fleurs écloses, Icy le tim et les roses, Icy les lis épanis, Et icy le doux anis Dessus ces lèvres vermeilles, Si vous y venez, abeilles, Rouëvement' d'un doux flair - Ça et là parfument l'air.
Mais si vous venez, abeilles.
Dessus ces lèvres vermeilles, iSe m'empeschoz de ce bien.
Blondes, qui de droit est mien.
Permettez moy qu'à mon aise Tousjours ces lèvres je baise.
Si je veux prendre le droit Qui est mien en cet endroit.
Et ne sucez, abeilletes, De ces lèvres vermeilletes Toute la douce fraicheiu", De peur d'en fanir la fleur, Et de peur que de m'amie.
Sèche, la bouche Wcmie Je ne trouve en la baisant ; Et qu'un guerdon '" déplaisant De vous l'avoir découverte (Las ! à ma trop grande perle Peu segret et peu jaloux) ,1e ne recoyve de vous.
Hé, ne piquez, abeilletes,
Suavement, (le l'atlj. souef ' 2. Oileiir'. (]\(.). "). Récompense*
AMOURS DE l' Il A N CINE. — IV. 1G7
Ces lovrelclos douiilelcs
De vos piquans ; car elle a
D'autres piquans que ceux la : •
Dans ses yeux elle les garde ;
De ses yeux elle les darde.
Hé, vos aiguillons serrez,
Si par SCS fleurs vous errez :
Les siens piquent d'autre sorte ;
Leur playe la mort aporte.
Vous mourrez (bien je le sray)
Si vous en laites l'essay.
Volez donqnes, abeilletes, Par ces lèvres vermeilleles, Mais volez y bellement*, Mais cueillez y doucement La doucelete rosé.' Qui de ces fleurs conqiosée Du niiel qui s'(ui confira Vos rucliettes emiijira
Francine, en gave mignai'disc, Ça, banqueton d'une cerise, Dont le banquet ne ({uitte - pas A nul des anciens repas ; Ny au festin qu'à Marc Antoine Fit dresser l'amoureuse royne, Ny à ceux que Crasse apréloil, Ny à ceux dont Lucul trettoit Ceux qu'd convioit à sa table.
Le nostre soil moins admirable En excessivelé de frais, En perle de coûteux apréis.
Quitton leur en magnificence, En richesse, en grosse depeiicc ;
Ailv. (Joinvilk-). '1. Ne clhIl-.
168 l'OÉSIES CHOISIES UE BAÏF.
Mais, ma (louceur, il ne faut }ioint De plaisir leur quiter un poinl.
Ça îlonc, en gayc mignardise * Banqueton de nostrc cerise, Meslant maint amoureux caquet Parmy nostre plaisant banquet.
11 ne i'aut point jiour la confire D'ailleurs nulle douceurs élire :
Le baiser la sauce sera A laquelle on la mangera... [152]
Ma Francine, il est temps de te montrer au jour -, Ma mignonne, il ne faut faire plus long séjour En Foubly paresseux : il est temps que ta gloire Commence de gagner mie belle mémoire.
11 faut tout maintenant que l'on saclie combien Je me sen bienheureux d'eslrc plus tien que mien, Et que de ce beau feu, que je ccle dans l'ame, Devant les yeux de tous luysc la belle flàme.
Francine, je sçay bien que tous ceux qui verront Les vers que je t'ccry ne les approuveront ; Aussi n'ay-je entrepris de me peiner de faire i Un ouvrage qui peust ensemble satisfaire A mille jugements : s'y plaise qui voudra, Ou s'y déplaise, ainsi qu'un chacun l'entendra, M'amie, il ne m'en chaut : tel en pourra médire Duquel on médira s'il entreprend d'écrire.
Le pis que l'on dira c'est que je suis de ceux Qui à se repolir sont un peu paresseux Et que mes rudes vers n'ont esté sur renclume Remis assez de fois : aussi ma foible plume Je creins de trop erner *, et je crein d'effacer Et reffacer ma i-ime et de la retracer- : Et pour n'en mentir point mes ongles je ne ronge ^
1. Disloquer, briser {i\.; Ho- 2. Il se juge bien, quef.), exactement éreintei(L.). 5. Horace, Sat., I, x, 71.
l'our rageiiccr un vers que cent fois je resonge.
Mais bien que je ne puisse eslre si diligent (}u"est un qui plus soigneux son stile va rangeant Je ne le veu blâmer, mais grandement j'estime L'écrivain qui polist et repolist sa rime. Si est-ce que je croy cpie le feu gracieux Qu'Amour dans mon esprit aluma de tes yeux A bien telle vertu que promettre je t'ose •Quelque honneur avenir des vers que je compose.
L1\UE l'UEMlER'
Ainour ilosja cessoit de me faire la guerre : Et les feux de Mcliiie cl de Fraiicine esteints Rclachoyent mes esprits plus lilires et plus sains ; Et de ma liberté j'alloy reprendre Terre.
Mais en celle saison que le ciel et la terre S'entre-vont caressant d'un doux désir atteints, Madalcne ^ je vy. Las ! Amour, que je creins Que ton feu ne me brusle et ton las ne m'enserre .
Quand je vy ses beaux yeux, je dy : C'est ma Melinr Tant ils sembloyent^ a\ix siens ; quand sa bouclie je v; Et son ris qui me prit, je dy : c'est flia Francine.
Ainsi voyant Mcline et Francine en vous, belle, Ne faut s'caierveiller si vous m'avez ravy Et si Amour au dt)nble en moy se renouvelle.
0 douce voix des pensers messagère !
0 quel jiouvoir tes gracieux accents Ont dessus moy I ils ravissent mes sens :
1. Le livre 1 contient S'2 |iièccj '2. l'roiioiiciulioii italiciiiic dont 60 sonnets. 3. llcsscinblaieiit*.
L'amc me laisse et s'en fuit eslrangere.
Rien de si doux l'avete ménagère Ne recueillist des timiers ' fleurissants ; Rien tant sucré ne nous sont fournissans Les doux tuyaux des cannes de Madère.
0 douce voix, qu'on cesse de vanter Du vieil Orphé le merveilleux chanter, Qu'on taise encor la meurtrière Sirène ;
Puis qu'en mourant de grand aise ravy Pour reraourir, en plaisir je revy Par lov, voix douce, angelique, serene.
Gentil jardin, verd et fieury parterre, Que Madelon (or pensant apar soy, Ores chantant) pille d'un si beau doy.
Qu'il feroit honte aux roses qu'elle serre,
Dittes mov, fleurs (ainsi jamais la terre Sous vous ne sèche), ô belles, dittes moy, En vous cueillant s'elle pense à ma foy : Plaint-elle point la douleur qui m'enserre?
Dit-elle point, humaine : « Pleust à Dieu Que mon amant arrivas! en ce lieu ! De trop souffrir et de vivre il se lasse ! »
Le dise ou non, d'icy je n'en oy rien ; Mais elle fait de toy, je le sçay bien, Un paradis où tout bon heur s'amasse.
La belle estoile amenant la lumière Chassoit desja les autres feux des cieux, El du soleil la jaune avancouriere - Portoit le jour aux hommes et aux dieux,