‹ Poésies choisiesChapitre 149 sur 300 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

0 le cnuA enfant d'une mare benine.

Douce niere d'un fils reniply de mauvaistié ! 0 amour, ô Venus, ô &i quelque pitié Des hommes peut toucher la nature divine.

Ne me gueiToyez plus. Las ! Meline et Francinc Durant mes ans meilleurs m'ont assez guerroyé : L'âge qu'à vous servir j'ay si bien employé D'avoir quelque repos désormais seroit digne.

Que veux-tu faire, Amour, de cet arc et ces flèches ? En mille et mille endroits mon cœur est entamé : Le veux-tu battre encor dedans ses vieilles brèches ?

Mais avec ton flambeau que penses-tu prétendre, 0 Venus, sur mon cœur en poudre consumé, Si tu n'as entrepris de brusler une cendre ?

Belle, lors que'^ je te voy.

Mon esprit et mon émoy Tout soudain s'enfuit de moy :

En la sorte je m'oublie.

Je ne voy que toy, ma vie.

Belle, si je ne te voy, Mon esprit et mon émoy Tout soudain recourt à moy :

Tant ton amour me soucie, Je ne voy que toy, ma vie.

Cinq cent baisers donne moy, je te prie, Et non un moins, Cathei-ine m'amie,

i. Contient 55 pièces dont 25 d'Estienne de la Boctie sonnets, parmi lesquels 6 sont 2. Éd. : quand ; vers faux

AMOrnS DIVERSES. — II. 185

S'il en falloit* un seul baiser d'autant (J'en ay juré) je ne seroy content.

Je ne veu point des baisers qu'à son \wro Donne la fille ou la seur à son frère : Je veu de ceux que la femme au mary, L'amie donne à son plus favory.

Tous les plaisirs de plus longue durée Me sont trop courts : le long baiser m'agrée. J'aime sur tout de baiser à loisir Pour ne gouster un trop soudain [daisir.

Je ne veu point baiser, Catherinelte, D'une déesse une image muette :

Je ne veu pas une image accoUer Qui ne se bouge et ne sçauroit parler... [4]

Je veu parmy que facions à la guise Des doux pigeons cent jeux de mignardise ; Je veu parmy cet amoureux déduit* Qu'en folâtrant nous facions un doux bruit... [4]

Si ces baisers tu me donnes, ma vie, Et si parmi tu souffres que manie Ton rond tetin, il n'y a si grand roy Que je ne vueille abandonner pour toy.

Belle en qui mon espoir se fonde, Je me voy bien aimé de toy; Mais tu creins le babil du monde, Je te jure, aussi fais-je moy.

Et pource regardons comment Nous aimerons discrètement... [g]

Si ton gentil cœur me désire Quelque amoureux secret ouvrir.

Que ton œil un seul clin me tire, Je le sçauray bien découvrir.

Et tout ainsi que j'entendray

Page 1