Et pourtant. 2. Blessés
D'estre ma bien-aiinée elle demandera,
Il est vray qu'un Vulcain blesme de jalousie. Plus veillant qu'un Ar^^us, contreint nostre désir Et garde ' que menions en bon heur nostre vie.
Jlais puis que nos deux cœurs sont points- d'une sagette, 3Ialgré luy nous viendrons à l'amoureux plaisir, Qui d'autant est plus doux que plus cher on rachette.
Jamais longueur de temps, ny lointaine distance Ny grâce ny beauté d'un autre ne fera Que te puisse oublier : mon amour durera Tant que mon cœur fera dans mon cors demeurance.
Puis que tu me promés la pareille constance, Tout le plus grand débat d'entre nous, ce sera De surmonter^ l'un l'autre à qui plus s'aimera. Pour mieux entretenir nostre sainte alliance.
Il faut jurant la foy d'une amour mutuelle, Moy de t'estre loyîil, toy de m'estre fidelle. Que l'un et l'autre cœur soit d'un trait entamé.
Je ne variray pas ; mais, belle, je te prie. Pour faire une amitié parfaitte, ne varie : Car je ne puis aimer si je ne suis aimé*.
Las ! main, que lâchement tu t'efforces d'écrire Ce mot qu'on dit dernier au fâcheux départir ! Mais si tu ne l'écris, il me faudra partir Sans que l'ose penser, ou que le puisse dire.
Mon cœur desja prévoit le dueil et le martire De son niaistrc ancien et m'en vient avertir ; Et de mon parlement me lâche divertir.
Quand, faisant ce qu'il peut, chaudement il soupire.