Jiimoiit' (Br., Dict , p. 4'2o). 2. Pensant, m'imnginaut
Quand du liaul d'un rocher sa chaine il maudissoil, Lorsque d'un pleur dépit son labeur il laissoit :
« Il laut donques, dit-il, qu'un autre de ma peine Recueille tout le fruit ? il faut donc que ma plaine Nourrisse un avolé ' ? il faut qu'un estranger Le clos que j'ay planté s'en vienne vandanger? Que tout devienne en friche et que rien ne rapporte ! Périsse par les cliams toute semance morte, Sans fueilles soyent les bois, les fontaines sans eaux, Les vignes sans raisins, sans fruits les arbrisseaux ! »
Damet redit cncor : « Sillons, chargez vos rayes, En lieu de bon fourment, d'avoines et d'yvraycs ! Les prez se jaunissans meurent bruslez du chaud ; Devant que d'estre meurs les fruits tombent d'en haut; Sans grappes soyent les ceps, aux ruisseaux l'humeur faille La verdeur faille aux bois ! Ah! il faut donc que j'aille. Chassé de mon pays, d'autres terres chercher! Ah ! mon bien de mes mains on me vient arracher ! Pour qui auray-je donc tant de vignes plantées? Pour qui auray-j(; donc tant de greffes entées? Un autre sans travail mon clos vendangera ? Un autre sans travail tous mes fruits mangera ? »
Âpres il redoubla : « Cessez, les doux zephyres. Cessez, frais ventelets, et soufflez, tous les pires. Et tout l'air infectez ; envenimez les eaux.
Empoisonnez les fruits, empestez les troupeaux !
Rien ne soit par les chams ny plaisant aux oreilles,
Ny agréable aux yeux ! Plus les roses vermeilles
Ne naissent au printemps ; plus de doucette voix
Des mignots oysillons ne resonnent le^s bois !
Corbeaux et chahuans y tiennent leurs parties !
Chams et prez soyent couverts de ronces et d'orties !
Par les chams désolez tout soit en toute part
Et horrible à ouïr et hideux au regard !
« Tout soit en feu partout ! ô forest la plus belle
Des plus belles forests, en la saison nouvelle